Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Albani, Emma

Type :

Personne (Femme)

Autre(s) nom(s) :

  • Lajeunesse, Emma
  • Lajeunesse, Marie-Louise-Cécile-Emma

Date :

  • 1847‑11‑01 – 1930‑04‑03

Occupation :

  • Musicien / chanteur

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (2)

Images

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Personnage historique Ministre de la Culture et des Communications 2020-03-05
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Emma Albani, née Emma Lajeunesse, est née à Chambly le 1er novembre 1847. Fille de parents musiciens, Joseph Lajeunesse et Mélina Mignault, elle commence l'apprentissage du piano avec sa mère et reçoit dès l'âge de 5 ans une formation musicale complète avec son père. À la suite du décès de sa mère en 1856, Emma devient pensionnaire au couvent des Religieuses du Sacré-Cœur de Sault-au-Récollet, où son père a obtenu un poste de professeur de musique. À huit ans, Emma donne son premier concert à l'Institut des artisans de Montréal, qui reçoit l'éloge de la critique. En 1860, elle chante lors de la venue du prince de Galles à l'occasion de l'inauguration du pont Victoria.

Encouragée par la supérieure du couvent à faire une carrière musicale, Emma se heurte à la difficulté de vivre de la scène dans la société canadienne-française de l'époque, ce métier étant jugé inconvenant pour une femme. Après avoir tenté sans succès de réunir des fonds pour envoyer Emma étudier à Paris, Joseph Lajeunesse quitte Montréal avec sa famille en 1865 pour s'établir à Albany, dans l'État de New York. Emma est engagée comme soliste à l'église de la paroisse Saint-Joseph, dirige une chorale et compose des œuvres pour voix, piano ou harpe. En 1868, grâce aux concerts bénéfices organisés par les citoyens d'Albany, elle a amassé assez d'argent pour poursuivre sa formation en Europe. Elle étudie le chant à Paris avec Gilbert-Louis Duprez, puis à Milan auprès de Francesco Lamperti. C'est en Italie qu'elle adopte le nom de scène Albani, suivant la recommandation de son professeur d'élocution. Elle fait ses débuts à l'opéra à Messine en 1870 et se produit à Florence et à Malte, puis elle se rend à Londres où elle obtient un contrat avec la compagnie d'opéra de Covent Garden, dirigée par son futur beau-père Frederick Gye. Première Canadienne à se produire dans ce prestigieux théâtre lyrique, elle remporte un grand succès lors de sa première prestation en 1872 et demeure au sein de la compagnie jusqu'en 1896. En 1878, elle épouse Ernest Gye, qui deviendra son impresario et succède à son père à la tête du Covent Garden de 1878 à 1885.

Après ses débuts à Londres, sa carrière prend véritablement son envol. Durant son parcours d'une quarantaine d'années, Emma Albani tient plus de 40 rôles à l'opéra et se distingue dans l'oratorio, en plus de présenter de nombreux récitals. Elle fait également d'ambitieuses tournées en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, en Inde et au Ceylan (Sri Lanka). Après 20 ans d'absence, elle revient au Canada en 1883 pour une série de concerts et reçoit un accueil triomphal à Montréal. Par la suite, elle effectue plusieurs tournées pancanadiennes. En 1890, elle devient la première Canadienne française à brûler les planches du Metropolitan Opera à New York. Sa renommée l'amène à travailler avec de grands compositeurs de son temps, dont Gounod et Dvorák, et à se produire devant plusieurs souverains d'Europe. Amie de la reine Victoria, qu'elle rencontre à l'occasion d'un concert au château de Windsor en 1874, elle chante pour elle à maintes reprises et même lors de ses obsèques en 1901.

En 1906, Emma Albani fait sa tournée d'adieux au Canada. Elle se produit pour la dernière fois en public en 1911 au Royal Albert Hall de Londres. Sa retraite est marquée par des soucis financiers qui l'obligent à enseigner et à chanter dans des music-halls, mais une rente versée par le gouvernement britannique et des concerts bénéfices organisés à Londres, Montréal et Chambly lui assurent une fin de vie paisible.

En 1911, elle publie à Londres son autobiographie, Forty years of song.

En 1925, le roi George V honore Emma Albani du titre de Dame Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique.

Veuve depuis 1925, Emma Albani décède dans sa demeure de Kensington le 3 avril 1930.

Elle avait épousé Ernest Gye à Londres le 6 août 1878. Leur fils unique Ernest Frederick est né le 4 juin 1879.

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Intérêt patrimonial

Ce personnage historique a été désigné pour les motifs suivants:

"Considérée comme la première cantatrice provenant du Québec à atteindre une renommée internationale, Emma Albani est l'une des sopranos les plus célèbres du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Reconnue par le milieu musical mondial, tant pour l'opéra et l'oratorio qu'en récital, sa carrière d'une quarantaine d'années est marquée par plus de 40 rôles et d'ambitieuses tournées sur plusieurs continents. Collaborant avec d'éminents compositeurs de son époque, cette cantatrice émérite ouvre la voie à de nombreux chanteurs canadiens en étant la première à se produire sur les grandes scènes lyriques du monde. En 1890, elle devient la première Canadienne française à brûler les planches du Metropolitan Opera à New York."

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Références

Notices bibliographiques :

  • ALBANI, Emma. Mémoires d'Emma Albani; l'éblouissante carrière de la plus grande cantatrice québécoise / traduits et annotés par Gilles Potvin, avec chronologie, discographie et bibliographie. Montréal, Éditions du jour, 1972. 206 p.
  • Bibliothèque et Archives Canada. Emma Albani, soprano et professeure de chant (1847-1930) [En Ligne]. https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/films-videos-enregistrements-sonores/gramophone-virtuel/Pages/emma-albani-bio.aspx
  • Bibliothèque et archives Canada, Femmes à l'honneur. Emma (Lajeunnesse) Albany [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/
  • LABRÈCHE-LAROUCHE, Michelle. Emma Albani : la diva, la vedette mondiale. Montréal, XYZ, 2001. 179 p.
  • POTVIN, Gilles. « Albani, Dame Emma ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • VACHON, Pierre. Emma Albani. Montréal, Lidec, 2000. 62 p.
  • VACHON, Pierre. « Lajeunesse, Emma ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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