Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Chapelle du Grand-Séminaire-de-Montréal

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Chapelle de Saint-Sulpice

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1904 – 1907 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Chapelles conventuelles)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (2)

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

La chapelle du Grand-Séminaire-de-Montréal est un lieu de culte catholique aménagé de 1904 à 1907 dans un bâtiment plus ancien. La chapelle est constituée d'une nef rectangulaire allongée et d'un choeur en hémicycle plus étroit, séparés par un arc triomphal. La nef est couverte d'un plafond à charpente apparente peinte, tandis que le choeur est surmonté d'une voûte en berceau terminée par un cul-de-four. Les murs de la nef, couverts de pierre de Caen de couleur claire, sont percés de fenêtres cintrées élancées pourvues de vitraux. Une oeuvre peinte couvre toute la partie supérieure des murs du choeur. Les planchers sont en mosaïques, de différentes couleurs pour la nef et blanches pour le choeur. Des stalles en bois menuisé sont disposées en trois rangées de chaque côté de la nef. Un orgue occupe la tribune arrière inscrite sous un arc cintré monumental.

Une grande pièce rectangulaire donne accès au lieu de culte. Cette entrée est séparée de la chapelle par une large ouverture à arc surbaissé dotée de grilles en fer forgé. La sacristie, aménagée à côté de l'entrée de la chapelle, est une pièce rectangulaire à plafond plat dont l'ornementation est constituée principalement de boiseries et d'armoires intégrées en bois. La crypte, aménagée sous la chapelle, est une pièce rectangulaire sans ornementation, peinte en blanc, comportant deux rangées de piliers et des ouvertures à arc surbaissé.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aux intérieurs de la chapelle et de son entrée, à la sacristie et à la crypte. Des biens mobiliers conservés dans la crypte sont classés objets patrimoniaux. La chapelle du Grand-Séminaire-de-Montréal fait aussi partie du domaine des Messieurs-de-Saint-Sulpice, classé site patrimonial, et d'autres espaces intérieurs du Grand Séminaire sont aussi classés.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2016-11-10

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2015-11-17
 
Inventorié --
 

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Valeur patrimoniale

La chapelle du Grand-Séminaire-de-Montréal présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec les Sulpiciens. La Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, qui se consacre essentiellement à la formation des prêtres, au service paroissial et à l'éducation, s'établit dès 1657 à Montréal. Les Sulpiciens y érigent aussitôt un séminaire et assurent le service spirituel de la paroisse Notre-Dame. Ils sont aussi les seigneurs de l'île de Montréal. À partir de 1840, l'évêque de Montréal leur confie la formation du clergé catholique de tout le diocèse. Ayant besoin de plus d'espace, les Sulpiciens feront construire, de 1855 à 1857, le Grand Séminaire de Montréal dans leur domaine de la Montagne, près des tours d'un fort du XVIIe siècle. Ce bâtiment est érigé selon les plans de l'architecte John Ostell (1813-1892). La crypte est aménagée sous la chapelle en 1873, selon les plans des architectes Victor Bourgeau (1809-1888) et Étienne-Alcibiade Leprohon (1842-1902). Au tournant du XXe siècle, les Sulpiciens souhaitent réaménager certaines parties du Grand Séminaire. Cette vaste campagne de travaux a finalement lieu de 1904 à 1907. À cette occasion, la chapelle est agrandie et complètement réaménagée. La chapelle et le choeur sont inversés, deux fenêtres sont ajoutées, et plus d'espace en hauteur est dégagé par l'élimination du dortoir qui était situé au-dessus de l'ancienne chapelle. La sacristie actuelle date aussi de cette époque, tout comme l'entrée de la chapelle; elle est séparée du lieu de culte proprement dit par des grilles. La crypte est également agrandie en 1907. Six ans plus tard, les dépouilles des sulpiciens décédés depuis 1661 et reposant jusque-là sous la basilique Notre-Dame de Montréal sont transportées dans cette crypte plus vaste. La chapelle du Grand Séminaire rappelle donc le rôle joué par les Sulpiciens dans l'histoire de Montréal jusqu'au XXe siècle.

La chapelle du Grand-Séminaire-de-Montréal présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte a été réaménagé selon les plans de l'architecte montréalais Jean-Omer Marchand (1873-1936) et de son associé, l'américain Samuel Stevens Haskell (1871-1913). Marchand est le premier Canadien diplômé de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, en 1903. Il y avait rencontré Haskell au cours des années 1890. La chapelle qu'ils conçoivent pour les sulpiciens est marquée de l'influence beaux-arts. Ce style architectural se caractérise notamment par des compositions monumentales et symétriques, la hiérarchisation des espaces et les nombreuses références aux styles architecturaux historiques. L'architecture de la chapelle du Grand Séminaire aurait, entre autres, été inspirée d'églises à plan basilical de Florence, tandis que la disposition des stalles reprend un aménagement courant dans les abbayes et monastères européens. Le décor du lieu de culte, particulièrement élaboré dans le choeur, se distingue notamment par l'arc triomphal délimitant la nef et le choeur, la charpente de bois apparente peinte et le pavement de mosaïques. Il s'agit de l'un des plus beaux exemples de chapelle d'inspiration beaux-arts au Québec et l'une des plus importantes réalisations de Marchand.

La chapelle présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Plusieurs artistes et artisans ont participé à la fabrication des éléments du décor. La chapelle est notamment dotée de douze vitraux confectionnés par le peintre verrier Gustave Pierre Dagrant (1839-1915). La fresque « Présentation de la Vierge au temple » qui orne toute la partie supérieure du choeur est l'oeuvre de l'artiste montréalais Joseph Saint-Charles (1868-1956). Les grilles en fer forgé qui séparent l'entrée de la chapelle de la nef ont été produites par Henri Regaudie, un artisan français dont le frère, Pierre-Louis Regaudie (1865-1920), était sulpicien.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2016.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la chapelle du Grand-Séminaire-de-Montréal liés à ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- la présence d'un lieu de culte, d'une pièce d'entrée pour celui-ci, d'une sacristie et d'une crypte;
- l'aménagement intérieur de la chapelle, dont la nef rectangulaire allongée surmontée d'un plafond à charpente apparente, le choeur en hémicycle plus étroit surmonté d'une voûte en berceau terminée par un cul-de-four, la tribune d'orgue supportée par des colonnes et inscrite sous un arc cintré;
- les matériaux, dont la pierre de Caen de couleur claire des murs de la nef et du choeur, le pin de la Colombie-Britannique peint et décoré à la feuille d'or de la charpente, le chêne des stalles, les mosaïques colorées du pavement de la nef, les mosaïques blanches du pavement du choeur, le marbre vert des colonnes, le marbre blanc des escaliers du choeur et de l'autel, la pierre et le stuc des éléments ornementaux;
- les ouvertures, dont les fenêtres cintrées de la nef ornées de vitraux et les fenêtres jumelées à arc surbaissé de petites dimensions disposées de part et d'autre du choeur;
- les éléments ornementaux de la nef et de la tribune arrière, dont la frise peinte dans la partie supérieure des murs (comportant des bandes horizontales, des motifs géométriques et des inscriptions), les arcs et l'imposte décorative reliant les fenêtres, les croix en relief en pierre de Caen et les panneaux en stuc encastrés constituant le chemin de croix;
- l'arc triomphal séparant la nef et le choeur, formé de deux colonnes à chapiteau d'ordre corinthien supportant un entablement se prolongeant dans le choeur, et d'un arc cintré orné de denticules;
- les éléments ornementaux du choeur, dont le retable en pierre (formé de pilastres à chapiteaux d'ordre composite et d'un entablement présentant une architrave à denticules et une frise à motifs végétaux), la fresque « Présentation de la Vierge au temple » ornant la partie supérieure des murs et les motifs peints de la voûte;
- les éléments fixes intégrés au décor, dont le maître-autel en pierre de Caen (doté de colonnes et orné de mosaïques), les stalles en chêne menuisé disposées en trois rangées de chaque côté de la nef et les candélabres encadrant l'escalier menant au choeur;
- l'orgue de la maison Guilbault-Thérien;
- les caractéristiques de l'entrée de la chapelle, dont son plan rectangulaire, le plafond plat divisé en larges sections rectangulaires par des poutres transversales, la large ouverture cintrée dotée d'une porte en bois à double vantail et donnant accès à la sacristie, la large ouverture à arc surbaissé dotée de grilles en fer forgé et donnant accès à la chapelle, les trois portes rectangulaires (deux en bois), les fenêtres rectangulaires à carreaux et l'autel de Notre-Dame des Victoires (comportant un gisant de saint Vital);
- les caractéristiques de la crypte, dont son aménagement sous la chapelle, son plan rectangulaire terminé par une section en hémicycle située sous le choeur, le plafond plat divisé en larges sections rectangulaires par des poutres transversales et peint en blanc, les deux rangées de piliers en brique crépis, les murs peints en blanc, le sol en terre, l'allée centrale en dalles de béton, la porte en bois à double vantail inscrite sous un arc surbaissé et les fenêtres à arc surbaissé;
- les caractéristiques de la sacristie, dont son plan rectangulaire, le plafond plat, la porte en bois à double vantail surmontée d'une imposte vitrée et encadrée de larges moulures, la porte rectangulaire en bois à simple vantail, les fenêtres rectangulaires, les armoires intégrées en bois dotées de portes à panneaux (certaines vitrées), les boiseries de la partie inférieure des murs.

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Informations historiques

La chapelle du Grand Séminaire de Montréal est le deuxième lieu de culte de cette institution dirigée par les Sulpiciens. La Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, qui se consacre essentiellement à la formation des prêtres, au service paroissial et à l'éducation, est étroitement liée à l'histoire de Montréal. En effet, dès 1657, quatre sulpiciens s'établissent à Montréal, érigent un séminaire et assurent le service spirituel de la paroisse Notre-Dame. Les prêtres de Saint-Sulpice deviennent en outre propriétaires de la seigneurie de l'Île-de-Montréal en 1663. Ils multiplient dès lors leurs efforts pour activer le peuplement de l'île. En 1685, le sulpicien François Vachon de Belmont (1645-1732) fait notamment construire un fort en pierre au pied du mont Royal. L'ouvrage défensif sert aussi de résidence et d'école.

Les Sulpiciens demeurent seigneurs de l'île de Montréal jusqu'en 1840, année de l'abolition du régime seigneurial à cet endroit. À partir de ce moment, ils sont chargés par l'évêque de la formation du clergé catholique de tout le diocèse, fondé en 1836. Ils entreprennent alors la construction du Grand Séminaire dans le domaine de la Montagne, près des tours du fort du XVIIe siècle. L'architecte John Ostell (1813-1892) est engagé pour dessiner les plans du bâtiment, érigé de 1855 à 1857.

Dès 1899, les prêtres de Saint-Sulpice songent à transformer la chapelle. Quelques années plus tard, ils confient le projet d'agrandissement et de réaménagement du lieu de culte à même les murs existants à l'architecte montréalais Jean-Omer Marchand (1873-1936) et à son associé, l'américain Samuel Stevens Haskell (1871-1913). Ayant tous deux étudié à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, où ils se sont rencontrés, ces derniers conçoivent un bâtiment fortement teinté de l'influence beaux-arts. L'architecture du lieu aurait notamment été inspirée des églises florentines telles que San Miniato al Monte et Santa Croce, tandis que la disposition du mobilier reprend un aménagement courant dans les abbayes et monastères européens.

Au cours de cette campagne de travaux, qui s'étend de 1904 à 1907, l'entrée et le choeur de la chapelle sont inversés, le lieu est agrandi par l'ajout de deux fenêtres et le choeur est aménagé dans une abside en hémicycle. Le dortoir situé au-dessus de l'ancienne chapelle est aussi éliminé pour donner plus de hauteur à cet espace cultuel. Plusieurs artistes sont mis à contribution pour compléter le décor de la chapelle, dont l'artiste canadien Joseph Saint-Charles (1868-1956), pour la fresque du choeur, et le peintre verrier français Gustave Pierre Dagrant (1839-1915), pour les vitraux.

C'est aussi à ce moment que sont aménagées la sacristie et l'entrée de la chapelle. La grille en fer forgé qui sépare l'entrée de la chapelle est l'oeuvre d'Henri Regaudie, un artisan français dont le frère, Pierre-Louis Regaudie (1865-1920), était sulpicien. C'est également en 1907 qu'est agrandie la crypte située sous la chapelle, aménagée d'abord en 1873. Les dépouilles des sulpiciens décédés depuis 1661 et reposant jusque-là sous la basilique Notre-Dame de Montréal sont exhumées et transportées dans la crypte en 1913.

Les tours du Fort-des-Messieurs-de-Saint-Sulpice sont classées en 1974 et elles bénéficient d'une aire de protection depuis 1975. Le domaine des Messieurs-de-Saint-Sulpice est pour sa part classé en 1982. Cette protection s'applique, entre autres, à l'enveloppe extérieure de la chapelle.

La chapelle du Grand-Séminaire-de-Montréal est classée en 2016. Ce classement s'applique à l'intérieur de la chapelle proprement dite, de même qu'à l'entrée de cette chapelle, à la sacristie et à la crypte. D'autres espaces intérieurs du Grand Séminaire (chapelle des employés, réserve de la bibliothèque et grand escalier central) et des objets de la crypte (loculi, croix, panneaux en bois et cadres) sont classés au même moment.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 2065, Rue Sherbrooke Ouest

Latitude :

45° 29' 37.9"

Longitude :

-73° 35' 3.5"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 064 788

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