Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Maître-autel

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Autre(s) nom(s) :

  • Ancien tabernacle de la Crèche d’Youville
  • Autel des Soeurs Grises
  • Tabernacle du maître-autel de l’ancienne chapelle de l’Hôpital général de Montréal

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Date :

  • 1785 – 1788 (Production)
  • après 1830 (Modification ou transformation de l'objet)
  • vers 1874 (Déménagement)
  • après 1918 – avant 1926 (Déménagement)
  • vers 1972 (Déménagement)
  • 2000 (Donation)
  • 2000 (Exposition)
  • 2002 – 2014 (Restauration)
  • 2018 – (Exposition)

Période :

  • Le Régime britannique (1760 à 1867)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Meuble religieux > Meuble lié à l'Eucharistie

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Fait partie de :

Autres biens associés :

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Patrimoine mobilier associé (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (1)

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Description

Le maître-autel de l'ancienne chapelle de l'Hôpital général de Montréal est une pièce de mobilier liturgique liée à la célébration de l'eucharistie. Ce meuble est composé de deux éléments en bois doré et peint réalisés entre 1785 et 1788, soit un autel en tombeau et un tabernacle, présentant au total une hauteur de 369 cm, une largeur de 272 cm et une profondeur de 131,7 cm. Le tombeau possède un profil galbé. Des têtes d'angelots en constituent les coins supérieurs, se prolongeant en guirlandes végétales jusqu'aux coins inférieurs, en forme de patte de lion. Des rinceaux ornent le haut et le bas de la face principale du meuble. Au centre du registre supérieur se trouve une croix rayonnante entourée de nuées et de cinq têtes d'angelots, tandis qu'au centre de celui du bas se trouve une grenade au milieu d'un feuillage, surmontés de trois fleurs. Le tabernacle possède deux gradins, dont le premier est terminé en talons et dont les prédelles sont décorées de rinceaux. La réserve eucharistique est en avancée et deux ailerons enroulés sont placés en consoles sur ses coins. La porte cintrée à oreilles de la réserve eucharistique est ornée d'un Christ ressuscitant et est entourée de pampres. L'étage de l'ordre est ponctué de douze colonnettes cannelées d'ordre composite, de deux colonnes palmiformes encadrant la niche centrale, ainsi que de deux pilastres, tous bagués et entourés de guirlandes de fleurs. Le stylobate est décoré de rinceaux et de brûle-parfums en forme de tête d'oiseau. Un triangle de la Trinité en gloire entouré de cinq têtes d'angelots occupe le fond de la niche d'exposition. Les ailes du tabernacle sont ornées de deux reliefs de trophées d'objets liturgiques ainsi que de deux niches abritant des statuettes de saint Jean de la Croix et de saint André. Les niches ont une coupole en coquille, sont supportées par un cul-de-lampe en feuilles d'acanthe et sont surmontées d'un fronton cintré. Des reliefs de roses et de tournesols ornent les flancs de la niche centrale. L'entablement est décoré de motifs végétaux et sa corniche est dotée de denticules. Sur l'étage du couronnement, deux reliquaires de style rocaille, entourés de crêtes de coq et reliés au meuble par des guirlandes de fleurs, surmontent les ailes. La niche centrale est couronnée d'une impériale à quatre branches à laquelle est suspendu un dais et cinq pots à feu sont placés sur l'étage. L'impériale est surmontée d'une croix faîtière.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 2000.02.01

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec > Montréal

Dimensions :

  • Hauteur (Mesurée / intégral) : 369 centimètre(s)
  • Largeur (Mesurée / intégral) : 272 centimètre(s)
  • Profondeur (Mesurée / intégral) : 131,7 centimètre(s)

Matériaux :

  • Bois (Noyer)
  • Bois (Pin)
  • Bois (Tilleul)
  • Plastique (Mastic)

Technique de fabrication :

  • Assemblé
  • Chevillé
  • Cloué
  • Doré, à la feuille
  • Peint
  • Sculpté

Représentation iconographique :

  • Arabesques
  • Brûle-parfum
  • Christ ressuscitant
  • Coquille
  • Croix
  • Feuilles d'acanthe
  • Guirlandes
  • Nuées
  • Palmiers
  • Pattes de lion
  • Pomme grenade
  • Pots à feu
  • Résurrection
  • Rinceaux
  • Saint André
  • Saint Jean de la Croix
  • Têtes d'angelots
  • Trinité en gloire
  • Vignes

Inscription :

ANCIEN MAÎTRE-AUTEL/ 1ERE MAISON-MÈRE / SCULPTÉ PAR PHILIPPE LIÉBERT, / EN 1790. (situé au dos du tabernacle)

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Le maître-autel de l'ancienne chapelle de l'Hôpital général de Montréal est conçu pour cette institution ayant ouvert ses portes en 1694. D'abord dirigé par les Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph, l'hôpital est ensuite confié aux Soeurs de la Charité de Montréal en 1747. En 1765, le bâtiment est détruit par un incendie, mais il est vite reconstruit.

Le maître-autel est réalisé par Philippe Liébert (1733 - 1804) entre 1785 et 1788. Liébert, né en France, arrive en Nouvelle-France autour de 1760. Il est possible d'identifier deux périodes de production distinctes de l'artiste, soit avant et après son séjour aux États-Unis. En effet, en 1777, il s'engage comme major pour combattre dans la guerre de l'Indépendance américaine (1775 - 1783) et ne revient au pays qu'en 1785. Il est alors traité en paria. C'est ainsi qu'il est hébergé par les Soeurs de la Charité à l'Hôpital général et qu'avec la complicité d'Étienne Montgolfier (1712 - 1791), supérieur des Sulpiciens, il peut reprendre l'exercice de son métier. Inspiré de nouveaux modèles observés aux États-Unis et empli de gratitude envers ses hôtesses, Liébert sculpte un meuble innovateur dans l'art québécois et en fait don aux Soeurs grises. Le tabernacle est doré sur mixtion, alors que l'autel est peint de marbrure bleue et rehaussé de dorure.

La chapelle de l'hôpital est rebâtie de 1831 à 1833, évènement contemporain à l'agrandissement de la niche de la monstrance et des gradins du tabernacle, effectué peu après 1830 pour loger un nouvel ostensoir.

En 1871, les Soeurs de la Charité déménagent leur hôpital ainsi que leur maison mère dans de nouveaux bâtiments et y transfèrent le maître-autel.

En 1918, un grave incendie ravage l'étage de l'hôpital dédié à la Crèche d'Youville. Une nouvelle aile de l'hôpital en construction, située sur le chemin de la Côte-de-Liesse, est rapidement terminée et commence à accueillir de nouveaux enfants dès 918. Le maître-autel y est déménagé avant 1940. Certaines modifications sont effectuées, dont le contour de la porte de la réserve eucharistique qui est découpé pour y loger une réserve en métal, causant la perte des chutes de vignes, ainsi que la perte de quatre pots à feu. Le meuble est aussi recouvert de diverses couches de peinture et de dorure au cours de son histoire.

Voyant le nombre d'enfants diminuer, la Crèche d'Youville est fermée en 1972. Le maître-autel est alors retourné dans la maison mère des religieuses, où il est exposé dans le Musée des Soeurs grises de Montréal.

En 2000, la communauté offre le maître-autel au Musée du Québec, aujourd'hui Musée national des beaux-arts du Québec. En se portant acquéreur, le musée s'engage à faire restaurer l'oeuvre de Liébert dans un court délai. Le meuble liturgique fait partie de l'exposition « Acquisitions 1999-2000 », puis il est restauré au Centre de conservation du Québec de 2002 à 2014. En se basant sur d'anciennes photographies, en examinant les marques laissées sur le meuble ainsi qu'en le comparant avec d'autres meubles conçus par Liébert, les restaurateurs le ramènent à sa forme d'origine. Tous les éléments ajoutés sont retirés et les éléments manquants sont reproduits. Les épaisses couches de surpeints sont diminués jusqu'à atteindre une surface uniforme et révéler les détails de la sculpture, et la dorure d'origine est dégagée sur la porte de la réserve. La marbrure bleue d'origine de l'autel ne peut être dégagée, puisqu'elle est trop abîmée, mais elle sera éventuellement reproduite. Finalement, une fine couche d'acrylique blanc est appliquée sur l'ensemble du maître-autel, en préparation à la dorure qui recouvrira le tabernacle lors de la prochaine étape de la restauration. Le meuble est ensuite exposé au Musée national des beaux-arts du Québec en 2018, dans l'exposition permanente « 350 ans de pratiques artistiques au Québec ».

Le maître-autel se trouve toujours au Musée national des beaux-arts du Québec.

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLAND, Mario. « Un don remarquable des Soeurs grises de Montréal: un maître-autel de Philippe Liébert ». Cap-aux-Diamants, la revue d'histoire du Québec. No 63 (2000), p. 63.
  • KAREL, David. Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord : peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes et orfèvres. Québec, Musée du Québec / Les Presses de l'Université Laval, 1992. 962 p.
  • LANGLOIS-SZASKIEWICZ, Cécile. « L'énigme du tabernacle des Soeurs Grises ». Annales d'histoire de l'art canadien. Vol. X, no 1 (1987), p. 17-29.
  • Les Soeurs Grises de Montréal. Crèche d'Youville [En Ligne]. https://sgm.qc.ca/non-classifiee/creche-dyouville/
  • MORISSET, Gérard. Montréal, île de Montréal - Crèche d'Youville. Rapport de l'inventaire des oeuvres d'art [document inédit], 1950. 18 p.
  • PAYER, Claude et Daniel DROUIN. Les tabernacles du Québec des XVIIe et XVIIIe siècles. Québec, Les publications du Québec, 2016. 271 p.

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