Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Canon (Canon britannique d'Oka)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Montréal

Date :

  • 1776 (Production)

Période :

  • Le Régime britannique (1760 à 1867)

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Outils et équipement de science et technologie > Armement : artillerie

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Images

Description

Le canon britannique des collections d'Univers culturel de Saint-Sulpice se présente sur un support mobile (un affût) moderne. L'instrument d'artillerie est formé d'un tube étroit destiné à recevoir une charge explosive et un projectile sous la forme de boulet. Une fois la mèche enflammée au moyen d'un trou d'évent, le boulet parcourt la chambre du canon avant d'être projeté par sa gueule, à l'opposé de la culasse située côté opérateur.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 2018.0286

Lieu de production :

  • Europe > Royaume-Uni > Angleterre > Grand Londres > Londres

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Inventorié --
 

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Informations historiques

Ce canon de bronze est produit en Grande-Bretagne, comme l'indiquent les inscriptions sur la culasse, par Jan et Peter Verbruggen, en 1776. Sur le dessus du renforcement, le symbole en forme de flèche large, la « broad arrow », signale que ce bien est propriété du gouvernement britannique et, plus précisément, du « Board of Ordnance », le conseil de l'artillerie. Jan Verbruggen, maître fondeur, a été fournisseur de l'armée de Hollande avant de s'exiler à Londres, où, avec son fils Peter, il est actif au Woolwich Arsenal, en banlieue de la ville. Tous deux perfectionnent la technique de fonte du canon vers 1770-1774. Celui qui est présenté ici est un de ces premiers modèles. Il s'agit d'un canon de campagne, suivant le modèle « grasshopper » (« sauterelle ») que mettent en place les Verbruggen, soit un canon facilement transportable avec affût à roues.

Sa présence à Oka s'explique par le fait que ce canon aurait été transporté au Canada par les régiments de l'armée britannique qui sont venus combattre les insurgés, lors de la guerre d'indépendance américaine (1775-1783). Les conflits autour de cette revendication d'indépendance des colonies britanniques en Amérique du Nord se déroulent alors également sur le sol canadien. Les indépendantistes affrontent les armées britanniques et leurs alliés iroquois, notamment lors de la prise de Montréal et de son occupation, de novembre 1775 à juin 1776; lors du siège de Québec du 31 décembre 1775; ou encore au cours de la bataille des Cèdres, de l'autre côté du lac des Deux-Montagnes, en mai 1776. Lors de ces conflits, les canons sont alors de véritables enjeux de cette guerre : ils offrent de manière presque certaine la victoire au camp qui en dispose. Ils deviennent par conséquent des trésors de guerre de choix. Les indépendantistes, moins bien armés, tentent à chaque affrontement de mettre la main sur les canons britanniques.

Au terme de huit ans de batailles et de sièges, pendant lesquels des canons comme celui-ci ont été utilisés par les Britanniques contre les Américains, mais aussi contre les Français qui rejoignent le conflit en 1778, les 13 colonies américaines obtiennent leur indépendance. La signature du traité de Paris en 1783, qui reconnaît l'indépendance et la naissance des États-Unis d'Amérique, aura aussi des répercussions sur le Canada, entraînant un déferlement de loyalistes sur le territoire, ce qui renforce l'afflux de populations anglophones et contribue à forger les identités multiples du Québec.

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Références

Mention de droits d'auteurs :

Pascale Bergeron © Univers culturel de Saint-Sulpice

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