Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Bernier, Joseph-Elzéar

Type :

Personne

Autre(s) nom(s) :

  • Capitaine Bernier

Date :

  • 1852-01-01 – 1934-12-26

Occupation :

  • Navigateur / pilote

Images

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Personnage historique Ministre de la Culture et des Communications 2016-09-15
 
Inventorié --
 

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Synthèse

Né le 1er janvier 1852 à L'Islet, Joseph-Elzéar Bernier est le fils de Thomas Bernier, navigateur, et d'Henriette-Célina Paradis.

En septembre 1859, Bernier entre au collège de L'Islet tenu par les Frères des écoles chrétiennes. Il quitte les études à l'âge de 14 ans pour suivre une formation de marin auprès de son père. Il débute en tant que mousse et est promu matelot en avril 1867. En juillet 1869, Bernier est nommé commandant du brigantin le Saint-Joseph. À l'âge de 17 ans, il est déjà capitaine et veille au transport de bois entre Québec et Montréal. En mars 1872, Bernier débute des cours intensifs à l'école de navigation de Québec.

Rapidement, Bernier accumule les traversées transatlantiques et navigue dans les ports les plus importants. Ses allées et venues se font remarquer en raison des nombreux records de vitesse qu'il établit. Ses exploits font la manchette de plusieurs journaux, au Québec et à l'étranger. Bernier devient un navigateur fort populaire. Au printemps 1874, Bernier accepte de diriger le chantier de Peter Baldwin, à la Pointe-aux-Lièvres sur la rivière Saint-Charles. De 1886 à 1889, Bernier est directeur du nouveau chantier de Pointe-Lévy. Au terme de cette période, il poursuit sa carrière sur les eaux en direction des ports transatlantiques de Boston, New York et Portland. Sur une période de 20 ans, Bernier a effectué plus de 250 traversées océaniques.

Le 13 février 1895, Bernier obtient la direction de la prison de Québec. Dès son arrivée en fonction, il tente d'instaurer une discipline auprès de ses employés, mais il rencontre plusieurs embûches. Il quitte alors ses fonctions à la prison de Québec et décide d'entreprendre un projet qui lui est cher : l'exploration de l'Arctique. Durant son séjour à la prison, Bernier documente la navigation dans les glaces en s'inspirant de récits de voyages nordiques. De concert avec les membres de la Société de géographie de Québec, il dresse une carte de l'Arctique et prononce plusieurs conférences sur son projet. Les négociations entre le Canada et les États-Unis au sujet de la délimitation des frontières de l'Alaska provoquent alors plusieurs débats et posent la question des frontières du pays au nord. Dans ce contexte, le projet du capitaine Bernier intéresse fortement la population. Il entre en contact avec le premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, afin de lui faire part de l'importance de l'expédition. Ce dernier ne semble toutefois pas convaincu. Au cours de l'année 1900, Bernier présente son projet au Parlement canadien qui rejette toutefois sa demande pour des raisons budgétaires. Au printemps 1901, il entame une campagne de souscription qui prend une place importante dans les journaux. Bernier est rapidement dépeint comme l'homme du Grand Nord. Il établit finalement en septembre 1904 des postes de gendarmerie à la baie d'Hudson.

Entre 1906 et 1911, le capitaine commande trois expéditions pour le compte du gouvernement canadien dans l'archipel arctique afin de patrouiller les eaux et annexer les îles et territoires cédés par la Couronne britannique. Le 1er juillet 1909, le capitaine Bernier prend possession symboliquement de tout l'archipel arctique canadien sur l'île Melville. En 1917, il commande des navires transatlantiques dans le cadre de la Première Guerre mondiale. En juillet 1922, il retourne patrouiller pour le gouvernement canadien en Arctique et se retire trois ans plus tard. Il est intronisé Chevalier de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre le 21 janvier 1934 dans la cathédrale de Lévis.

Joseph-Elzéar Bernier publie trois rapports intitulés : « Reports on the Dominion Government Expeditions to the Arctic Islands and Hudson Strait, 1906-1910 ». Il rédige également ses mémoires.

Il est décédé le 26 décembre 1934 à Lévis. Il est inhumé à Lévis dans le cimetière Mont-Marie.

Il avait épousé à L'Islet, le 8 novembre 1870, Rose-Lima Caron; puis à la suite du décès de sa femme, il épouse Marie-Alma Julie Albertine Lemieux.

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Intérêt patrimonial

Ce personnage historique est désigné pour les motifs suivants:

Joseph-Elzéar Bernier est l'un des navigateurs les plus populaires du Québec et du Canada au cours des XIXe et XXe siècles. Fils et petit-fils de marin, il apprend son métier à L'Islet et devient capitaine à l'âge de 17 ans. Pendant sa carrière, il commande plus de 100 navires, dont plusieurs embarcations de marchandises sur le fleuve Saint-Laurent. Il traverse l'Atlantique à plus de 250 reprises, en établissant des records de vitesse. Il effectue aussi une dizaine d'expédition dans l'Arctique et est l'un des artisans de l'affirmation de la souveraineté canadienne sur ce territoire. Pendant quelques années, il dirige les chantiers maritimes de Québec et de Pointe-Lévy.

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Références

Notices bibliographiques :

  • DORION-ROBITAILLE, Yolande. Le capitaine J-E Bernier et la souveraineté du Canada dans l'Arctique. Ottawa, Affaires indiennes et du nord, 1978. 110 p.
  • MACEACHERN, Alan. « J.E Bernier's Claims to Fame ». Scienta Canadensis : Canadian Journal of the History of Science. Vol. 33, no 2 (2010), p. 43-73.
  • SAINT-PIERRE, Marjolaine. Joseph-Elzéar Bernier, capitaine et coureur des mers. Québec, Septentrion, 2005. 366 p.
  • TERRIEN, Paul. Les mémoires de J.-E. Bernier. Marin, explorateur et découvreur. Québec, Presses de l'Université Laval, 2013. 201 p.
  • s.a. « Bernier, Joseph-Elzéar ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/bernier-joseph-elzear/

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