Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Édifice du Morrin College

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Ancienne prison de Québec

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1808 – 1811 (Construction)

Usage :

  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Bibliothèques)
  • Services et institutions (Collèges, séminaires et universités)
  • Services et institutions (Prisons)

Éléments associés

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (26)

Carte

Description

L'édifice du Morrin College est une ancienne prison érigée de 1808 à 1811. L'imposant bâtiment en pierre crépie présente un plan en « T », à trois et quatre niveaux, composé d'un avant-corps central surmonté d'un fronton triangulaire et de deux ailes latérales. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits et à croupes. L'édifice du Morrin College se situe en milieu urbain, sur un terrain comportant une forte dénivellation.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est aussi inclus dans le site patrimonial du Vieux-Québec. Un site archéologique militaire inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1981-01-23
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1981-01-01
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

L'édifice du Morrin College présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'immeuble, construit de 1808 à 1811, est un exemple d'édifice de style palladien. Inspiré de l'oeuvre d'Andrea Palladio (1508-1580), le palladianisme fait école en Angleterre entre 1720 et 1770 et est introduit dans le Bas-Canada au tournant du XIXe siècle. Le gouvernement l'adopte pour la construction de ses édifices publics afin de marquer la présence britannique et de matérialiser la permanence et la puissance des institutions coloniales. L'édifice du Morrin College illustre ce style par sa maçonnerie de pierre crépie, son plan comportant peu de décrochements, l'ordonnance symétrique des éléments, le toit à deux versants droits et à croupes, l'ornementation classique sobre, la composition tripartite de la façade principale ainsi que l'avant-corps à fronton et pilastres. L'extérieur simple dissimule un aménagement plus complexe dû en partie à la dénivellation. Cet édifice est l'une des réalisations palladiennes les plus achevées de Québec. Par ailleurs, la valeur architecturale de ce bâtiment repose aussi sur la renommée de son architecte, François Baillairgé (1759-1830). Ce dernier, qui appartient à une dynastie d'artistes et d'architectes, est l'un des principaux architectes québécois du XIXe siècle. En raison de sa formation parisienne, ses réalisations se démarquent de celles plus traditionnelles et standardisées de ses contemporains. Il intègre des apports palladiens et renouvelle l'architecture de son époque. Il réalisera plusieurs oeuvres marquantes au Québec, dont le palais de justice de Québec, maintenant détruit, et la prison de Trois-Rivières.

L'édifice présente également un intérêt pour sa valeur historique liée à l'évolution de l'architecture pénitentiaire. Jusqu'au début du XIXe siècle, l'administration britannique loge le plus souvent ses institutions dans des immeubles existants. Cette construction, qui est la plus ancienne prison commune érigée au Bas-Canada, sera suivie de plusieurs autres au début du XIXe siècle. Son architecture reflète les préoccupations de la société en matière de détention et de réhabilitation et s'inspire des idées du Britannique John Howard (1726-1790). Celui-ci, considéré comme le père de la réforme carcérale britannique, préconise la classification des détenus selon leur âge, leur sexe et l'importance du délit ainsi que l'amélioration des conditions d'hygiène. L'édifice du Morrin College est un témoin majeur de l'application de la réforme carcérale dans le Bas-Canada notamment par l'aménagement des cellules entourant une salle commune, encore visible au sous-sol et dans l'aile droite du rez-de-chaussée.

L'édifice présente en outre un intérêt pour sa valeur historique comme témoin de la présence de la communauté anglophone de Québec. Après la construction de la prison des plaines d'Abraham au début des années 1860, l'immeuble abrite deux institutions anglophones, soit le Morrin College, à partir de 1868, et la Quebec Literary and Historical Society. Le Morrin College, affilié à l'Université McGill, est fondé en 1860 par le docteur Joseph Morrin (1794-1861), maire de Québec à deux reprises. L'institution dispense un enseignement supérieur aux membres de la communauté anglophone jusqu'en 1902. La Quebec Literary and Historical Society, quant à elle, est fondée en 1824 par le gouverneur général, Lord Dalhousie (George Ramsay, 1770-1838). L'immeuble constitue donc un témoin majeur de la présence anglophone à Québec.

L'édifice présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. L'immeuble occupe le site de la redoute Royale, un ouvrage militaire mis en chantier en 1712 et faisant partie du premier système de fortification en pierre construit à l'ouest de la ville. Les vestiges de la redoute, qui a servi de prison au XVIIIe siècle, témoignent donc du passé carcéral du lieu et du passé militaire de Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de l'édifice du Morrin College liées à ses valeurs architecturale, historique et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation au coeur du site patrimonial du Vieux-Québec;
- la forte dénivellation du terrain;
- le volume du bâtiment, dont le plan en « T » à trois et quatre niveaux, l'avant-corps central, les deux ailes latérales ainsi que le toit à deux versants droits et à croupes;
- la composition symétrique et tripartite des façades avant et arrière, l'ordonnance régulière des ouvertures et les fenêtres centrales à l'arrière marquant l'emplacement de l'escalier central;
- le portail monumental de la façade principale composé de pilastres, d'un large entablement d'inspiration dorique surmonté d'un fronton triangulaire à oeil-de-boeuf circulaire, d'une porte en retrait entourée de voussoirs et de quatre marches;
- les ouvertures, dont celles plus petites de l'attique et du soubassement, les fenêtres à guillotine à petits carreaux (certaines en arc surbaissé lorsque vues de l'intérieur), les quatre longues fenêtres à l'arrière du bloc central, la porte en bois à imposte, les oculus des frontons de l'avant-corps ainsi que les lucarnes aux extrémités du toit;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre crépie (murs extérieurs, murs de division intérieurs, voûtes du sous-sol), les détails ornementaux en pierre de taille, la couverture en tôle à baguettes et les cloisons intérieures en brique;
- l'ornementation dépouillée, dont les pilastres doriques, les frontons triangulaires, les bandeaux et les triglyphes, les chambranles ainsi que les chaînes d'angle;
- l'aménagement intérieur, dont le hall central de deux étages, la division de l'édifice en deux parties symétriques, les deux grandes salles de part et d'autre dotées de mezzanines aux clôtures et supports décoratifs en métal, les trois escaliers de bois donnant dans le hall et l'escalier à vis de la bibliothèque ainsi que les planchers en chêne;
- l'aménagement des cellules entourant une salle commune du sous-sol et de l'aile droite du rez-de-chaussée;
- le plafond voûté du sous-sol;
- les trous des anciens barreaux devant les fenêtres;
- les deux cheminées;
- la présence de la bibliothèque de la Quebec Literary and Historical Society;
- les vestiges archéologiques de la redoute Royale et de la prison ainsi que les portions intactes du site;
- les deux plaques commémoratives en façade, dont celle au-dessus de la fenêtre centrale marquant l'emplacement du gibet.

Haut de la page

Informations historiques

L'édifice du Morrin College, conçu par l'architecte de Québec François Baillairgé (1759-1830), est érigé de 1808 à 1811 pour servir de prison commune. Il s'élève sur l'emplacement de l'ancienne redoute Royale, mise en chantier en 1712, qui a servi de prison au XVIIIe siècle. L'édifice de Baillairgé, qui est utilisé comme établissement pénitentiaire de 1813 à 1867, est la plus ancienne prison commune du Bas-Canada. La construction est interrompue en 1811 afin de procéder à une révision des coûts. L'immeuble est complété à la suite du vote de nouveaux crédits l'année suivante. Il nécessite néanmoins des travaux supplémentaires dès 1817, en raison de vices de construction.

François Baillairgé, qui appartient à une dynastie d'artistes et d'architectes, est l'un des principaux architectes québécois du XIXe siècle. En raison de sa formation parisienne, ses réalisations se démarquent de celles plus traditionnelles et standardisées de ses contemporains. Il intègre des apports palladiens et renouvelle l'architecture de son époque. Il réalisera plusieurs oeuvres marquantes au Québec, dont le palais de justice de Québec érigé en 1799, maintenant détruit, et la prison de Trois-Rivières.

À la suite de débats sur la réforme du système pénal entre 1826 et 1830, les autorités gouvernementales chargent l'architecte Frederick Hacker (vers 1802-1846) d'apporter des modifications à la prison. Les transformations visent à rendre l'édifice plus sécuritaire et conforme aux nouvelles idées sur l'incarcération et la réhabilitation des prisonniers. Durant cette période, la prison reçoit des personnes qui se sont rendues célèbres, comme le journaliste et patriote Étienne Parent (1802-1874) ainsi que Philippe Aubert de Gaspé (1786-1871), emprisonné pour dettes.

Le gouvernement de l'Union accepte la construction d'une nouvelle prison sur les plaines d'Abraham, à la fin des années 1850, afin de remplacer l'édifice jugé désuet. En 1861, la vieille prison est vendue au Morrin College, qui veut y aménager son école. Cette institution, affiliée à l'Université McGill, avait été fondée l'année précédente par le docteur Joseph Morrin (1794-1861), maire de Québec à deux reprises; elle dispensera l'enseignement supérieur aux membres de la communauté anglophone jusqu'en 1902. Le Morrin College ne prend toutefois possession du bâtiment qu'en 1867, après le déménagement de la prison, et l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903) apporte des modifications à l'intérieur et à l'extérieur. L'architecte atténue l'aspect sévère de l'édifice et démolit les quatre tours des latrines de la façade arrière. Le Morrin College ouvre ses portes en 1868. L'édifice abrite également la bibliothèque et le musée de la Quebec Literary and Historical Society, qui avait été fondée en 1824 par le gouverneur général, Lord Dalhousie (George Ramsay, 1770-1838). Cette société savante, qui a pour objectif de conserver, de mettre en valeur et de diffuser les documents historiques de l'histoire canadienne, a publié jusqu'en 1924 les « Transactions », où elle rendait compte de ses activités scientifiques. Après la fermeture du Morrin College, l'immeuble accueille plusieurs autres associations de la communauté anglophone de Québec.

L'édifice du Morrin College est classé en 1981. Le bâtiment est acquis par la Ville de Québec en 1989, qui entreprend sa restauration extérieure. En 2004, il est cédé pour 99 ans, par bail emphytéotique, à la Literary and Historical Society of Quebec. L'intérieur est alors restauré et l'édifice accueille maintenant le Morrin Centre, pôle culturel de la communauté anglophone de Québec.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 44, Chaussée des Écossais

Latitude :

  • 46° 48' 45.6"

Longitude :

  • -71° 12' 37.93"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 212 503
  • Lot 1 315 306
  • Lot 1 865 666

Code Borden

CeEt-305      

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • BANCROFT, Laura Isobel. Morrin College : an historical and sociological study. s.l., s.n., 1950. 57 p.
  • BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Vieux-Québec, Cap-Blanc : place forte et port de mer. Québec, Ville de Québec, 1989. 80 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Groupe de recherches en histoire du Québec Inc. Étude d'ensemble : Sous-secteurs Des-Glacis, Redoute-Royale et Chauveau, Annexes. Québec, Ville de Québec, Service de l'urbanisme, Design urbain et patrimoine, 1995. s.p.
  • Groupe de recherches en histoire du Québec Inc. Étude d'ensemble : Sous-secteurs Des-Glacis, Redoute-Royale et Chauveau, Synthèse. Québec, Ville de Québec, Service de l'urbanisme, Design urbain et patrimoine, 1995. 192 p.
  • KAREL, David, Luc NOPPEN et Magella PARADIS. « Baillairgé, François ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • NOPPEN, Luc. Dossier d'inventaire architectural de Morrin College ou ancienne prison de Québec, 44, rue Saint-Stanislas, Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1978. s.p.
  • NOPPEN, Luc. « Morrin College ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 143-145.
  • Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013