Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Lieu de fondation de Montréal

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Description

Le lieu de fondation de Montréal est l'emplacement où a pris naissance Ville-Marie (aujourd'hui Montréal) en 1642. Ce territoire englobe une portion de la place d'Youville (nommée place de la Grande-Paix-de-Montréal), le siège social d'une compagnie et des entrepôts circonscrits entre les rues du Port, de la Commune et de Callière, la pointe à Callière, où se trouve le Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, ainsi que la place Royale et l'ancienne douane. Le lieu de fondation de Montréal est situé en bordure du fleuve Saint-Laurent, dans le secteur urbain très dense de la pointe à Callière de l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé site patrimonial. Le lieu de fondation de Montréal fait partie du site patrimonial de Montréal. Près d'une dizaine de sites archéologiques inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1999-03-04
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1924-01-01
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-01-08
 

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Valeur patrimoniale

Le lieu de fondation de Montréal présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce lieu témoigne des échanges et des contacts originels entre Français et Amérindiens dans les premières décennies du Régime français. Il est le berceau de Ville-Marie, qui deviendra Montréal, la métropole du Québec. Fréquenté par les Amérindiens, ce lieu est visité en 1611 par Samuel de Champlain (vers 1570-1635) qui y défriche un terrain qu'il nomme place Royale. C'est en 1642 toutefois que Ville-Marie est fondée par un groupe de colons dirigé par Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676) et Jeanne Mance (1606-1673). L'entreprise vise l'évangélisation des Amérindiens et la création d'un établissement où Français et Autochtones pourront vivre ensemble dans un idéal chrétien. Le premier noyau est constitué du fort Ville-Marie. Situé sur la pointe à Callière, à la rencontre de la rivière Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent, le site est privilégié pour l'échouage des embarcations avant le sault Saint-Louis (rapides de Lachine). En raison de sa position stratégique, Ville-Marie devient la tête de pont du commerce des fourrures. De 1667 à 1701, elle accueille annuellement une importante foire des fourrures qui attire un grand nombre d'Amérindiens. Après l'abandon du fort dans les années 1670, le gouverneur Louis-Hector de Callière (1648-1703) fait ériger son château au cours des années 1690. Il est l'un des artisans de la Grande Paix, signée à Montréal en 1701, mettant fin aux conflits entre Français et Iroquois. Pendant les siècles suivants, ce lieu participe à l'évolution de la cité, qui accède au rang de métropole économique à la fin du XIXe siècle. Sa situation à proximité du port en fait une importante porte d'entrée du Canada et un centre névralgique du commerce. La première douane de Montréal y est construite de 1836 à 1838 et, de 1844 et 1849, on y trouve le Parlement du Canada-Uni. Des compagnies y implantent leur siège social et des entrepôts. Ce lieu qui a vu naître Montréal commémore le rôle joué par cet établissement aux origines de la Nouvelle-France et le développement d'une ville devenue au cours des siècles la métropole québécoise.

Le lieu de fondation de Montréal présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Ce lieu compte un regroupement exceptionnel de sites. Leur découverte a fourni d'importantes données sur les modes de vie des premiers habitants de Montréal, notamment au chapitre des techniques architecturales, des modes d'occupation de l'espace et de l'alimentation. Les vestiges du premier cimetière catholique, situé face au fort Ville-Marie, jette une lumière nouvelle sur les relations entre les Amérindiens et les nouveaux venus, ainsi que sur la persistance de certains rites funéraires traditionnels malgré la conversion des Autochtones. Les restes fauniques et végétaux démontrent que la chasse, la pêche, la cueillette de fruits et l'importation de denrées viennent suppléer l'agriculture et l'élevage. Les vestiges du fort Ville-Marie, du château de Callière, de l'enceinte fortifiée et de la première place du marché permettent de comprendre leur emplacement stratégique, leurs modes de construction, de même que les activités qui y sont associées. Le lieu contient de plus des vestiges antérieurs qui sont issus de la préhistoire amérindienne et d'autres qui sont postérieurs à l'époque de fondation de Montréal. Des portions importantes du site demeurent intactes, rendant ainsi son potentiel de recherche extrêmement élevé. Une partie du site est déjà exposée à l'intérieur du Musée d'archéologie et d'histoire de Pointe-à-Callière, ce qui lui donne un potentiel d'interprétation et de mise en valeur très élevé.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du lieu de fondation de Montréal liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment :
- son emplacement à la confluence de l'ancienne rivière Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent;
- les traces archéologiques de l'ancienne rivière Saint-Pierre;
- les vestiges archéologiques préservés, notamment ceux conservés « in situ » à l'intérieur du Musée d'archéologie et d'histoire de Pointe-à-Callière et ailleurs, tels que les vestiges de l'ancien marché Sainte-Anne et du Parlement du Canada-Uni;
- la portion résiduelle renfermant des contextes archéologiques propices à la recherche et à l'interprétation du lieu;
- le patrimoine bâti, dont l'édifice de l'ancienne douane, les entrepôts et l'édifice William-W.-Ogilvie.

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Informations historiques

Le lieu de fondation de Montréal est d'abord fréquenté par les Amérindiens comme lieu de campement saisonnier entre le Sylvicole moyen (entre 2400 et 1500 avant notre ère) et la période de contacts avec les Européens.

En 1535, Jacques Cartier (1491-1557) est le premier Européen connu à poser le pied sur l'île de Montréal. En 1611, Samuel de Champlain (vers 1570-1635) débarque à l'embouchure de la rivière Saint-Pierre (canalisée entre 1832 et 1838), site privilégié pour accoster juste avant le sault Saint-Louis. Il y défriche une parcelle de terrain qu'il nomme place Royale.

Trois décennies plus tard, le projet de colonisation de Ville-Marie est matérialisé. Mis sur pied en France par la Société Notre-Dame de Montréal, ce projet vise à établir une mission en Nouvelle-France. Ville-Marie est ainsi fondée en 1642 par un groupe de colons dirigé par Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676) et Jeanne Mance (1606-1673). L'établissement se veut un lieu où Français et Amérindiens convertis pourront vivre en harmonie dans un idéal chrétien. Dès leur arrivée, les colons construisent les maisons et la palissade de bois formant l'embryon du fort Ville-Marie.

De 1653 à 1659, environ 200 nouveaux colons s'établissent à Ville-Marie. Certains défrichent les terres avoisinantes et s'installent à l'extérieur du fort. En 1663, la Société Notre-Dame de Montréal éprouve de sérieuses difficultés financières. Elle cède l'île de Montréal aux représentants du séminaire de Saint-Sulpice qui en deviennent les seigneurs, mettant ainsi fin à la mission. C'est par le commerce des fourrures que Ville-Marie prendra son réel essor. Dès sa fondation, des Amérindiens venaient déjà commercer à cet emplacement stratégique, carrefour de nombreuses voies de communication. À compter de 1667, les foires de traite des fourrures réunissent annuellement plusieurs centaines d'Amérindiens.

Après le départ de Maisonneuve en 1665, le fort Ville-Marie est abandonné et les habitants déménagent sur la rive gauche de la rivière Saint-Pierre pour se protéger des débordements du fleuve. Vers 1690, le gouverneur de Montréal, Louis-Hector de Callière (1648-1703), érige un château sur les ruines de l'habitation de Maisonneuve, situées à l'intérieur du fort. De Callière est l'un des principaux artisans de la Grande Paix signée en 1701 à Montréal, mettant fin aux conflits entre Français et Iroquois.

L'évolution de l'établissement se poursuit au cours des siècles grâce au développement des activités portuaires qui contribuent à élever la cité au rang de métropole économique du Québec au XIXe siècle. Devenu la porte d'entrée du Canada et un centre névralgique du commerce, cet emplacement accueille diverses institutions témoignant de son importance, entre autres la première douane de Montréal (1836-1838) et le Parlement du Canada-Uni (1844) dont les vestiges subsistent.

Les recherches archéologiques menées au lieu de fondation de Montréal débutent dans les années 1980 où plusieurs campagnes sont menées dans le secteur de la place Royale notamment. Au tournant des années 1990, d'autres fouilles sont entreprises dans le secteur, préalablement à la construction du Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal érigé en 1992. Depuis 2002, l'Université de Montréal tient à l'intérieur du périmètre classé une école de fouilles d'archéologie historique.

Le lieu de fondation de Montréal est classé en 1999.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Lieux-dits :

  • Pointe-à-Callière

Latitude :

45° 30' 9.0"

Longitude :

-73° 33' 16.4"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 181 255
  • Lot 1 438 167

Code Borden

BjFj-101 BjFj-163 BjFj-22 BjFj-3
BjFj-4 BjFj-43 BjFj-69 BjFj-73

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Références

Notices bibliographiques :

  • ARKÉOS INC. La préhistoire du Vieux-Montréal. Analyse des sites Place Royale (BjFj-3, BjFj-47), Jardin d'Youville (BjFj-43), place Jacques-Cartier (BjFj-44, BjFj-55), Lemoyne-Leber (BjFj-49). Patrimoine Archéologique de Montréal, 2. Montéal, Ville de Montréal / Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 1991. 187 p.
  • BÉLANGER, Christian et al. Le patrimoine de Montréal. Document de référence. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications / Ville de Montréal, 1998. 168 p.
  • BIZIER, Hélène-Andrée. La Place Royale par le menu. Montréal, Ville de Montréal, 1989. 20 p.
  • DESJARDINS, Pauline et Geneviève DUGUAY. Pointe-à-Callière. L'aventure montréalaise. Montréal / Sillery, Vieux-Port de Montréal / Septentrion, 1992. 134 p.
  • FORGET, Madeleine, dir. et Gilles LAUZON. L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine. Québec, Les Publications du Québec, 2004. 292 p.
  • Groupe de recherches en histoire du Québec Inc. Montréal carrefour de commerce et des populations. Analyse de la culture matérielle de la place Royale (BjFj-3, BjFj-47) et de la pointe à Callière (BjFj-22, 101 G). Patrimoine Archéologique de Montréal, 7. Montréal, Ville de Montréal / Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 1992. 346 p.
  • HALLÉ, Jacqueline et Marie-Hélène PROVENÇAL. Du fort Ville-Marie à Montréal : la naissance d'une ville. Québec / Montréal, Ministère des Affaires culturelles / Ville de Montréal, 1992. 28 p.
  • MOZARIN, Jeanne. Louis-Hector de Callière : homme de guerre, homme de paix. Montréal / Cap-Rouge, Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal / Presses Inter Universitaires, 2001. 63 p.
  • Pointe-à-Callière. Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal. Pointe-à-Callière, toute une expérience!. Montréal, 1992. 48 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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