Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Autels latéraux

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Autre(s) nom(s) :

  • Autels secondaires

Région administrative :

  • Montérégie

Date :

  • 1798 (Production)
  • 1883 (Modification ou transformation de l'objet)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Meuble religieux > Autel et son environnement

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (3)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (2)

Description

Les autels latéraux sont des pièces de mobilier liturgique semblables réalisées en 1798 pour l'église de Saint-Michel. L'ensemble est constitué de deux tombeaux et de deux tabernacles en bois sculpté peint et doré. Les tombeaux présentent un plan rectangulaire et un profil galbé. Ils sont ornés de têtes ailées, de guirlandes et de larges cannelures. Les tabernacles sont tous deux composés d'un gradin, d'un étage de la monstrance rythmé de colonnettes et d'un petit couronnement formé d'un entablement surmonté d'une série de fausses arcades. Ces meubles sont également ornés de motifs végétaux et de bas-reliefs sculptés.

Ces biens sont classés objets patrimoniaux. Ils sont associés à l'église de Saint-Michel, classée immeuble patrimonial.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 92900.227
  • Numéro d'inventaire : 92900.228

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec

Dimensions :

  • Hauteur : 217 centimètre(s)
  • Largeur : 224 centimètre(s)
  • Profondeur : 102 centimètre(s)

Matériaux :

  • Bois
  • Peinture
  • Métal
  • Fibre
  • Métal (Or)

Technique de fabrication :

  • Assemblé
  • Découpé
  • Peint, à la main
  • Sculpté

Représentation iconographique :

  • Angelot
  • Blé
  • Calice
  • Colombe
  • Couronne
  • Enfant Jésus
  • Grappe de raisin
  • Jésus-Christ
  • Pain
  • Poisson
  • Saint Joseph
  • Saint Louis
  • Vierge Marie

Inscription :

À l'intérieur du tabernacle, h. : A; à l'intérieur du tabernacle, b. : W; À l'intérieur du tabernacle, c. : IHS

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-04-09
 
Classement Situé dans un immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1957-02-27
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Les autels latéraux présentent un intérêt patrimonial pour leurs valeurs historique et ethnologique. Ces pièces de mobilier rappellent l'importance des autels dans le culte catholique. Les églises construites jusqu'au milieu du XXe siècle sont habituellement dotées de plusieurs autels permettant aux prêtres de célébrer leurs messes quotidiennes. Au Québec, les autels latéraux sont traditionnellement placés dans des chapelles aménagées de part et d'autre du choeur. Ces meubles se composent d'un tombeau supportant la table où est célébrée l'eucharistie et d'un tabernacle destiné à conserver les hosties consacrées. Ces autels ont des dimensions plus modestes que celles du maître-autel où sont célébrées les messes principales. Les autels latéraux sont souvent dédiés à la Vierge et à saint Joseph, mais d'autres saints sont parfois choisis en raison des dévotions populaires ou locales. Les changements à la liturgie catholique, officialisés par les décrets du concile Vatican II (1962-1965), entraînent des modifications dans l'utilisation de certaines pièces de mobilier. Les autels latéraux ne sont généralement plus utilisés. Plusieurs paroisses ont néanmoins conservé leurs autels d'époque. Les autels latéraux de l'église de Saint-Michel évoquent ainsi une importante pratique liturgique aujourd'hui délaissée.

Les autels latéraux présentent également un intérêt patrimonial pour leur valeur historique découlant de leur association avec Philippe Liébert (1733-1804), l'artiste qui les a réalisés. Liébert figure parmi les sculpteurs les plus importants de la seconde moitié du XVIIIe siècle au Québec. Natif de Nemours en France, l'artiste arrive probablement en Nouvelle-France dans les années 1750 et s'établit dans la région de Montréal. Grâce à la qualité de ses ouvrages, il devient rapidement le sculpteur le plus demandé de la région montréalaise. Liébert quitte temporairement le Canada pour participer à la Guerre d'Indépendance américaine (1775-1783). Ce séjour aux États-Unis lui a permis de renouveler son art. Adoptant de nouvelles formes, Liébert réalise à la fin du XVIIIe siècle de nombreuses pièces de mobilier liturgique pour des communautés religieuses et des paroisses de la grande région de Montréal, dont celles commencées en 1792 pour l'église de Saint-Michel de Vaudreuil. Les autels latéraux sont exécutés en 1798. Ces meubles constituent des témoins importants de la production de mobilier liturgique de l'artiste à cette époque.

Les autels latéraux présentent aussi un intérêt patrimonial pour leur valeur artistique. Ces oeuvres sont représentatives des autels latéraux que Philippe Liébert exécute à la fin du XVIIIe siècle. Pour réaliser les tabernacles de ces autels, l'artiste reprend la composition du tabernacle de l'autel du Sacré-Coeur de l'Hôpital général des Soeurs grises de Montréal, qu'il a lui-même sculpté. Les meubles de l'église de Saint-Michel présentent la même forme et les mêmes colonnettes à ordre ionique que leur modèle. L'iconographie est toutefois propre à l'église de Saint-Michel : les portes des armoires eucharistiques sont ornées d'un bas-relief représentant le saint auquel l'autel est dédié. Saint Joseph est sculpté sur le meuble de gauche, tandis que saint Louis est représenté sur l'autel de droite. Un homme et une femme vus de profil sont figurés sur les panneaux latéraux des étages de la monstrance. Les tombeaux des autels latéraux de l'église de Saint-Michel présentent un profil galbé et sont ornés de larges cannelures et d'une guirlande, comme le tombeau que Liébert a exécuté auparavant pour l'église de Saint-Martin de l'île Jésus. La composition de ces autels est particulière à cet artiste et, contrairement à plusieurs de ses réalisations, ce type de tombeau ne sera généralement pas repris par d'autres sculpteurs.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2011.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques des autels latéraux liés à leurs valeurs historique, ethnologique et artistique comprennent, notamment :
- les caractéristiques des tombeaux, dont leur plan rectangulaire et leur profil galbé, le bois sculpté peint et doré, les angles ornés de têtes ailées, les parties supérieures décorées de guirlandes de feuilles de laurier et de fleurs ainsi que les parties inférieures ornées de larges cannelures rudentées et de feuilles d'acanthe;
- les caractéristiques des tabernacles, dont leur volume (notamment le gradin, l'étage de la monstrance rythmé de colonnettes d'ordre ionique et flanqué de volutes et le couronnement composé d'un entablement surmonté de pots à feu, de fausses arcades et d'un socle), le bois sculpté peint et doré, les motifs végétaux sculptés, la porte de l'armoire eucharistique de l'autel de droite (surmontée de trois têtes ailées et ornée d'un bas-relief représentant saint Louis tenant une couronne d'épines et un sceptre), la porte de l'armoire eucharistique de l'autel de gauche (surmontée de trois têtes ailées et ornée d'un bas-relief représentant saint Joseph tenant l'Enfant Jésus), ainsi que les panneaux de l'étage de la monstrance des deux tabernacles, dotés de médaillons historiés entourés de rinceaux représentant une femme sur les panneaux de droite et un homme sur les panneaux de gauche et surmontés de cartouches.

Haut de la page

Informations historiques

Les autels latéraux ont été réalisés pour la paroisse de Saint-Michel, comprise dans le territoire de l'actuelle ville de Vaudreuil-Dorion. L'église paroissiale est érigée de 1783 à 1789. Après la fin des travaux, le curé Jean-Baptiste Déguire (1744-1815) confie la réalisation du décor intérieur à Philippe Liébert (1733-1804). Originaire de Nemours en France, il est l'un des sculpteurs les plus demandés de la grande région de Montréal dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au cours de sa carrière, il exécute de nombreuses pièces de mobilier pour des communautés religieuses et des paroisses de la région. De 1792 à 1798, Liébert réalise pour l'église de Saint-Michel un maître-autel, une chaire, un banc d'oeuvre (aujourd'hui disparu) et plusieurs chandeliers.

Les autels latéraux sont exécutés en 1798. Liébert s'inspire alors notamment de la composition du tabernacle de l'autel du Sacré-Coeur de l'Hôpital général des Soeurs grises à Montréal, qu'il a réalisé vers 1790 et peut-être même avant 1788. Les tabernacles présentent des formes similaires, mais l'artiste a doté les meubles eucharistiques des autels latéraux de l'église de Saint-Michel d'une iconographie qui leur est propre. Les panneaux latéraux des étages de la monstrance sont ornés de bas-reliefs en médaillons entourés de rinceaux. Un homme est représenté sur les panneaux de gauche, et une femme est figurée sur les panneaux de droite. Il pourrait s'agir d'une représentation en profil du Christ et de la Vierge, ou encore de saint Joachim et de sainte Anne. Chaque porte des armoires eucharistiques est dotée d'un bas-relief représentant le saint auquel l'autel est dédié. L'autel latéral de gauche est consacré à saint Joseph, tandis que l'autel latéral de droite est dédié à saint Louis. Le choix de ce roi français s'explique sans doute par la présence d'une chapelle seigneuriale dans le transept nord réservée à une famille issue de la noblesse française, les Chartier de Lotbinière.

Les tombeaux des autels latéraux reprennent un modèle différent de ceux exécutés par Liébert à l'Hôpital général des Soeurs grises de Montréal. Les meubles ont un profil galbé et sont traités de manière plus architecturale. La partie inférieure est ornée de larges cannelures rudentées et de feuilles d'acanthe. La partie supérieure est décorée d'une guirlande de feuilles de laurier. Les tombeaux de l'église de Saint-Michel sont ainsi similaires au meuble que l'artiste a exécuté en 1788 pour l'église de Saint-Martin (détruite par un incendie en 1942). Contrairement à plusieurs des réalisations de Liébert, la composition de ces autels latéraux ne sera généralement pas reprise par d'autres sculpteurs de la région montréalaise.

Les autels latéraux sont vraisemblablement repeints en 1883 lors de la réalisation du décor peint par François-Édouard Meloche (1855-1914). L'étage du couronnement de ces autels est également modifié avant le début du XXe siècle. Une série de fausses arcades ponctuées de fleurs de lys a été ajoutée à chaque tabernacle et masque en partie le socle central. À l'origine, le socle servait probablement de support à une croix d'autel aujourd'hui remplacée par une statue.

L'église de Saint-Michel est classée en 1957. Les autels latéraux sont classés en 1965, en même temps que le maître-autel, la chaire, le chandelier pascal et les chandeliers d'autel. Des sculptures, des peintures et des pièces d'orfèvrerie de l'église sont également classées à ce moment.

À la suite du concile Vatican II (1962-1965), de nombreux changements sont apportés à la liturgie catholique. Les autels latéraux ne sont plus utilisés. Ils sont néanmoins conservés et se trouvent toujours à leur place d'origine.

Haut de la page

Références

Gestionnaires des données :

Société des musées québécois

Notices bibliographiques :

  • BELISLE, Jean et John R. PORTER. La sculpture ancienne au Québec : trois siècles d'art religieux et profane. Montréal, Éditions de l'Homme, 1986. 503 p.
  • CAUCHON, Michel. « Liébert, Philippe ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. www.biographi.ca
  • KAREL, David. Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord : peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes et orfèvres. Québec, Musée du Québec / Les Presses de l'Université Laval, 1992. 962 p.
  • LANGLOIS-SZASZKIEWICZ, Cécile. Philippe Liébert et le tabernacle du maître-autel de l'Hôpital-Général des Soeurs grises. Université Concordia, 1985. 134 p.
  • PAYER, Claude et Daniel DROUIN. Les tabernacles du Québec des XVIIe et XVIIIe siècles. Québec, Les publications du Québec, 2016. 271 p.
  • RAUDSEPP, Karl J. et René VILLENEUVE. « Oeuvres d'art de l'église de Saint-Michel ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 45-54.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013