Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Boîtier aux saintes huiles

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Autre(s) nom(s) :

  • Coffret aux saintes huiles

Région administrative :

  • Montérégie

Date :

  • 1774 – (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Objet religieux > Objet lié aux autres sacrements

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (2)

Images

Description

Le boîtier aux saintes huiles est une pièce d'orfèvrerie liée à la liturgie catholique exécutée en 1774 pour l'église de Saint-Michel. De plan rectangulaire, la cassette en argent mesure 8,2 cm de hauteur, 6,5 cm de largeur et 4,5 cm de profondeur. Elle est coiffée d'un couvercle à quatre pans surmonté d'une croix grecque en son centre. Chaque face de la cassette et du couvercle est ornée d'une frise de triangles sur ses bordures supérieure et inférieure. Un anneau est fixé au coin supérieur droit de l'une des faces.

Ce bien est classé objet patrimonial. Il est associé à l'église de Saint-Michel, classée immeuble patrimonial.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 92900.278

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Québec

Dimensions :

  • Hauteur : 8,2 centimètre(s)
  • Largeur : 6,5 centimètre(s)
  • Profondeur : 4,5 centimètre(s)

Matériaux :

  • Métal (Argent)

Technique de fabrication :

  • Assemblé
  • Ciselé
  • Gravé

Représentation iconographique :

  • Croix pattée

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-04-09
 

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Valeur patrimoniale

Le boîtier aux saintes huiles présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique. L'objet, qui constitue la pièce la plus ancienne du trésor de l'église de Saint-Michel, rappelle des rites religieux séculaires tant par ses fonctions que par sa forme. Cette petite cassette en argent sert à contenir et à transporter les saintes huiles nécessaires à l'administration des sacrements du baptême, de la confirmation et de l'extrême-onction. L'anneau fixé à l'une des faces était à l'origine doté d'une chaînette le reliant à une tige qui s'insérait dans les pentures du couvercle. Ce dispositif permettait de fermer solidement le boîtier lors des déplacements du prêtre, par exemple lorsqu'il se rendait au chevet d'un mourant. Réalisé en 1774, année suivant l'érection canonique de la paroisse de Saint-Michel-de-Vaudreuil, le boîtier tire sa forme particulière d'objets liturgiques très anciens. Son volume rectangulaire, son couvercle à quatre pans et ses motifs triangulaires évoquant des tuiles lui donnent l'aspect d'une maisonnette. Cette conception formelle reprend le modèle des châsses du Moyen Âge, reliquaires en métal précieux richement ornés et présentant le même caractère architectural. Cette forme a été utilisée durant les siècles suivants pour la confection de cassettes, comme les boîtiers aux saintes huiles. Ce type d'objet est introduit en Nouvelle-France par les autorités ecclésiastiques au XVIIe siècle. Le boîtier aux saintes huiles de l'église de Saint-Michel figure parmi les plus anciens conservés au Québec, cet objet liturgique étant par ailleurs moins répandu que d'autres types de pièces.

Le boîtier aux saintes huiles présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. L'oeuvre est représentative des standards en vigueur en France et au Québec dans l'orfèvrerie liturgique du XVIIIe siècle. En effet, la plupart des boîtiers aux saintes huiles qui remontent à cette époque et subsistent encore présentent une esthétique similaire. Ces objets en métal poli, de forme rectangulaire ou circulaire, sont dotés d'un couvercle surmonté d'une croix et affichent un décor sobre se résumant souvent à une frise ciselée sur les bordures. À titre d'exemple, un boîtier réalisé vers 1752 par l'orfèvre parisien Guillaume Loir (avant 1716-1769) pour l'église de Saint-François dans la région de Québec est de facture très semblable à celle du boîtier de l'église de Saint-Michel. Les motifs triangulaires qui décorent ce boîtier constituent toutefois un indice laissant supposer qu'il a été exécuté par l'atelier de Joseph Schindler (avant 1763-1792), marchand et orfèvre d'origine suisse ayant pratiqué à Québec et à Montréal. La production de cet atelier, où travaillaient des apprentis et des orfèvres engagés, comprend surtout des pièces d'orfèvrerie de traite. Quelques objets liturgiques y ont également été fabriqués, tels que des plateaux décorés de frises de triangles et conservés dans la région de Saint-Michel-de-Bellechasse. Le boîtier aux saintes huiles pourrait constituer l'une des rares pièces d'orfèvrerie religieuse subsistantes associées à la boutique de Schindler. Il témoigne en outre de la transmission de modèles anciens pour la réalisation de ce type de boîtier.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2011.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du boîtier aux saintes huiles liés à ses valeurs historique, ethnologique et artistique comprennent, notamment :
- ses petites dimensions, dont la hauteur de 8,2 cm, la largeur de 6,5 cm et la profondeur de 4,5 cm;
- le matériau, soit l'argent massif;
- la forme évoquant une maisonnette, dont le plan rectangulaire et le couvercle à quatre pans;
- le décor sobre, dont la frise de triangles sur les bordures supérieure et inférieure de chaque face de la cassette et du couvercle, la croix grecque surmontant le centre du couvercle et les surfaces polies;
- la fermeture à pentures et l'anneau fixé au coin supérieur droit de l'une des faces de la cassette.

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Informations historiques

Le boîtier aux saintes huiles est exécuté en 1774 et destiné à la paroisse de Saint-Michel-de-Vaudreuil, érigée canoniquement l'année précédente. On attribue sa réalisation à l'atelier du marchand et orfèvre d'origine suisse Joseph Schindler (avant 1763-1792), établi à Québec puis à Montréal dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Ce boîtier pourrait constituer l'une des rares pièces d'orfèvrerie religieuse de cet atelier, surtout connu pour sa production d'orfèvrerie de traite, où travaillent des apprentis et des orfèvres engagés.

Cet objet sert à contenir et à transporter les saintes huiles nécessaires à l'administration des sacrements du baptême, de la confirmation et de l'extrême-onction. Il comprenait à l'origine un dispositif permettant de fermer solidement le couvercle lors des déplacements du prêtre, par exemple lorsqu'il se rendait au chevet d'un mourant. Sa forme particulière évoquant une maisonnette reprend le modèle des châsses du Moyen Âge, reliquaires en métal précieux présentant le même caractère architectural. La plupart des boîtiers aux saintes huiles façonnés en France ou au Québec au XVIIIe siècle reprennent cette forme et présentent un décor sobre similaire à celui du boîtier de l'église de Saint-Michel.

Le boîtier aux saintes huiles est classé en 1965, en même temps que 21 autres biens mobiliers de l'église de Saint-Michel, dont certaines pièces d'orfèvrerie, des meubles et des tableaux. Il a été restauré par le Centre de conservation du Québec en 2009.

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Références

Gestionnaires des données :

Société des musées québécois

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Michel. Saint-Michel de Vaudreuil : une église seigneuriale. Vaudreuil, Centre d'histoire La Presqu'Île, 1993. 16 p.
  • DEROME, Robert. « SCHINDLER, JOSEPH (Jonas) ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • RAUDSEPP, Karl J. et René VILLENEUVE. « Oeuvres d'art de l'église de Saint-Michel ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 45-54.
  • SIMARD, Jean. Les arts sacrés au Québec. Boucherville, Éditions de Mortagne, 1989. 319 p.

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