Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Calice

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Montérégie

Date :

  • 1801 – (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Objet religieux > Objet lié à l'Eucharistie

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (1)

Images

Description

Le calice est une pièce d'orfèvrerie liée à la liturgie catholique exécutée par Charles Duval en 1801 pour l'église de Saint-Michel. L'objet en argent, d'une hauteur de 27,5 cm, a la forme d'une coupe sur pied. La base comporte deux niveaux séparés par des godrons. La tige est constituée de collerettes ornées de godrons obliques et d'un noeud piriforme décoré de godrons courts et longs disposés en alternance. La partie inférieure de la coupe, appelée fausse coupe, présente des canaux de trois longueurs différentes surmontés de cercles ajourés. La coupe qui reçoit le vin, légèrement évasée, est unie, polie et dorée.

Ce bien est classé objet patrimonial. Il est associé à l'église de Saint-Michel, classée immeuble patrimonial.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 92900.282

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Montréal

Dimensions :

  • Diamètre extérieur : 15,1 centimètre(s)
  • Hauteur : 27,5 centimètre(s)

Matériaux :

  • Métal (Argent)

Technique de fabrication :

  • Assemblé
  • Doré
  • Gravé
  • Martelé
  • Poinçonné

Représentation iconographique :

  • Croix

Poinçon :

  • Sous le pied : lettres C et D

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-04-09
 

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Valeur patrimoniale

Le calice présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec Charles Duval (1758-après 1828), l'orfèvre qui l'a créé. Les rares oeuvres subsistantes portant le poinçon de cet artiste montrent son originalité et son habileté à combiner divers styles. Duval reçoit sa formation et commence sa carrière dans la ville de Québec, d'où il est originaire. Il s'établit à Montréal vers 1783 et tire principalement son revenu de la fabrication d'objets destinés à la traite des fourrures. Il conçoit des pièces d'orfèvrerie religieuse à partir de 1795. Ses premières commandes proviennent de paroisses situées à proximité de Montréal, dont celle de Saint-Michel-de-Vaudreuil pour laquelle il exécute ce calice en 1801. À partir de 1808, il réside à Saint-François-du-Lac puis à Trois-Rivières, et il produit alors des pièces pour des comptoirs de traite et des paroisses de la région de la Mauricie. Le calice de l'église de Saint-Michel figure parmi les rares témoins de la production de Duval provenant de la grande région montréalaise, et il est l'une de ses oeuvres les plus achevées.

Le calice présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. L'oeuvre s'inspire de la production d'orfèvres majeurs tout en étant originale par la présence de certains détails décoratifs inédits. La forme de l'objet et le décor de la fausse coupe, constitué de canaux de trois longueurs différentes disposés en alternance et surmontés de cercles ajourés, témoignent d'une influence de l'orfèvrerie française du XVIIIe siècle. Par exemple, plusieurs calices exécutés par le célèbre orfèvre français Guillaume Loir (avant 1716-1769), dont certains destinés à des paroisses de la Nouvelle-France, présentent une forme, une fausse coupe et un décor godronné similaires. L'orfèvre Ignace-François Delezenne (1718-1790), originaire de France et établi à Québec, a également produit des vases sacrés caractérisés par ces mêmes éléments. Duval a peut-être été en contact avec Delezenne à Québec durant sa période de formation, ce qui pourrait expliquer cette influence. Par ailleurs, les godrons disposés obliquement sur les collerettes de la tige constituent un apport personnel et innovateur de Duval. Ceux de la collerette inférieure sont orientés vers la droite, tandis que ceux de la collerette supérieure le sont vers la gauche, créant ainsi un effet torsadé. En raison de son décor sophistiqué, le calice de l'église de Saint-Michel compte parmi les pièces les plus remarquables de la production connue de Duval.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2011.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du calice liés à ses valeurs historique et artistique comprennent, notamment :
- ses dimensions, dont la hauteur de 27,5 cm;
- le matériau, soit l'argent massif doré sur la coupe;
- les différentes parties constituant le vase, dont la base à deux niveaux, la tige constituée de deux collerettes et d'un noeud en forme de poire renversée, la fausse coupe ajourée ainsi que la coupe légèrement évasée;
- les éléments ornementaux, dont les godrons droits de la base, les godrons obliques des collerettes, les godrons courts et longs disposés en alternance sur le noeud, les canaux de trois longueurs différentes surmontés de cercles ajourés sur la fausse coupe, ainsi que les moulures.

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Informations historiques

Le calice est réalisé en 1801 par l'orfèvre Charles Duval (1758-après 1828). Peu d'oeuvres de cet artiste subsistent de nos jours, mais les pièces d'orfèvrerie liturgique portant son poinçon sont estimées pour leur originalité. Duval reçoit sa formation et débute sa carrière à Québec, où il est né. Il s'établit à Montréal vers 1783 et tire principalement son revenu de la fabrication d'objets destinés à la traite des fourrures. Il conçoit des pièces d'orfèvrerie religieuse à partir de 1795. Elles se trouvent principalement dans des paroisses situées à proximité de Montréal et dans la région de Trois-Rivières, où réside Duval à partir de 1808.

L'oeuvre se rapproche d'un modèle de vase sacré diffusé par certains orfèvres du XVIIIe siècle. La forme de l'objet et le décor de la fausse coupe rappellent en effet des pièces similaires créées par Guillaume Loir (avant 1716-1769) et par Ignace-François Delezenne (1718-1790). Duval a également apporté sa touche personnelle à l'objet en décorant les collerettes de la tige de godrons disposés obliquement, créant un effet torsadé.

Cette pièce d'orfèvrerie figure parmi un ensemble d'objets liturgiques commandés successivement par la paroisse de Saint-Michel-de-Vaudreuil à divers orfèvres influents de la région de Montréal.

Le calice est classé en 1965, en même temps que 21 autres biens mobiliers de l'église de Saint-Michel, dont certaines pièces d'orfèvrerie, des meubles et des tableaux. Il a été restauré par le Centre de conservation du Québec en 2009.

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Références

Gestionnaires des données :

Société des musées québécois

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Michel. Saint-Michel de Vaudreuil : une église seigneuriale. Vaudreuil, Centre d'histoire La Presqu'Île, 1993. 16 p.
  • DEROME, Robert et Mary HENSHAW. « Duval, Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • KAREL, David. Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord : peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, photographes et orfèvres. Québec, Musée du Québec / Les Presses de l'Université Laval, 1992. 962 p.
  • RAUDSEPP, Karl J. et René VILLENEUVE. « Oeuvres d'art de l'église de Saint-Michel ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 45-54.

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