Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Aiguière baptismale

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Montérégie

Date :

  • 1821 – (Production)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Objet religieux > Objet lié aux autres sacrements

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (1)

Inventaires associés (2)

Images

Description

L'aiguière baptismale est une pièce d'orfèvrerie liée à la liturgie catholique exécutée en 1821 pour l'église de Saint-Michel. L'objet en argent poli, d'une hauteur de 4,8 cm, ressemble à une théière miniature. Le corps du vase est cylindrique et légèrement plus large à sa base. Une anse en forme de point d'interrogation et un long bec incliné en forme de cône tronqué sont fixés au corps du vase. Le décor sobre est essentiellement composé de moulures.

Ce bien est classé objet patrimonial. Il est associé à l'église de Saint-Michel, classée immeuble patrimonial.

Numéro de l'objet :

  • Numéro d'inventaire : 92900.330

Lieu de production :

  • Amérique du Nord > Canada > Montréal

Dimensions :

  • Hauteur : 4,8 centimètre(s)
  • Largeur : 9 centimètre(s)

Matériaux :

  • Métal (Argent)

Technique de fabrication :

  • Assemblé
  • Gravé
  • Martelé
  • Poinçonné

Poinçon :

  • Sous la base : un lion de profil, dans un cercle; Sous la base : tête de profil droit, dans un ovale; Sous la base : lettres S et M, dans un rectangle

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-04-09
 

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Valeur patrimoniale

L'aiguière baptismale présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec Salomon Marion (1782-1830), l'artiste qui l'a réalisée. Considéré comme l'un des orfèvres les plus talentueux de sa génération, Marion a produit des oeuvres très estimées, dont la plus célèbre, une statue en argent de la Vierge exécutée en 1818 pour l'église de Verchères. Né à Lachenaie, Marion est embauché comme apprenti à l'âge de 16 ans par le marchand et orfèvre Pierre Huguet, dit Latour (1749-1817), qui gère à Montréal une importante entreprise d'orfèvrerie où travaillent plusieurs apprentis et des orfèvres engagés. Devenu maître orfèvre à l'âge de 21 ans, Marion exerce sa profession de manière indépendante durant une courte période avant de revenir auprès de son ancien maître pour y travailler sous contrat. Huguet, dit Latour, détient alors le monopole du marché montréalais de l'orfèvrerie, tant pour la production d'objets de traite que pour la réalisation de pièces religieuses. Marion ne s'émancipe véritablement sur le plan professionnel qu'après la mort de Huguet, dit Latour. Il s'annonce dans les journaux locaux comme orfèvre et joaillier et reçoit des critiques élogieuses. L'aiguière de l'église de Saint-Michel, réalisée en 1821, témoigne de la période correspondant à l'apogée de la carrière de Marion, durant laquelle il exécute plusieurs commandes pour des paroisses de la région de Montréal.

L'aiguière baptismale présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. L'oeuvre au décor dépouillé se distingue des autres types d'objets liturgiques souvent caractérisés par une abondance d'ornements. Contrairement aux vases sacrés, tels que le calice et le ciboire dont la forme et le décor doivent répondre à des codes stricts, l'aiguière baptismale adopte une esthétique propre à l'artisan qui la façonne. Ce contenant miniature servant à verser de l'eau sur la tête des nouveau-nés lors de la cérémonie du baptême comporte une anse et un bec, à la manière d'une théière. La plupart des aiguières fabriquées au XIXe siècle, comme celle de l'église de Saint-Michel, sont en argent. L'oeuvre de Marion s'inspire d'un modèle d'aiguière introduit au Québec au tournant du siècle par des orfèvres d'origine britannique. La pureté des lignes, l'absence de décor ciselé, la forme cylindrique du corps, le long bec conique et l'anse délicate à la courbe accentuée sont en effet des caractéristiques communes à plusieurs aiguières produites à l'époque. Celle de l'église de Saint-Michel témoigne de la transmission et de l'interprétation de modèles dans l'orfèvrerie religieuse au XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2011.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'aiguière baptismale liés à ses valeurs historique et artistique comprennent, notamment :
- ses petites dimensions, dont la hauteur de 4,8 cm;
- le matériau, soit l'argent massif poli sur toute la surface;
- les diverses composantes de l'objet, dont le corps cylindrique légèrement plus large à sa base, l'anse en forme de point d'interrogation et le long bec incliné en forme de cône tronqué;
- le décor sobre, dont les moulures.

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Informations historiques

L'aiguière baptismale est réalisée en 1821 par l'orfèvre Salomon Marion (1782-1830), considéré comme l'un des plus talentueux de sa génération. Ce dernier est embauché comme apprenti à l'âge de 16 ans par le marchand et orfèvre Pierre Huguet, dit Latour (1749-1817), qui gère à Montréal une importante entreprise d'orfèvrerie. Devenu maître orfèvre à l'âge de 21 ans, Marion exerce sa profession de manière indépendante durant une courte période avant de revenir auprès de son ancien maître pour y travailler sous contrat. Ce n'est qu'après la mort de Huguet, dit Latour, que Salomon Marion s'émancipe véritablement sur le plan professionnel. Il réalise plusieurs commandes pour des paroisses du Québec et crée des pièces très estimées, dont la plus célèbre est une statue en argent de la Vierge exécutée en 1818 pour l'église de Verchères. L'aiguière baptismale de l'église de Saint-Michel est conçue deux ans plus tard, alors que la carrière de Marion atteint son apogée. L'oeuvre fait partie d'un ensemble d'objets liturgiques commandés successivement par la paroisse de Saint-Michel-de-Vaudreuil à divers orfèvres influents de la région montréalaise.

Ce contenant miniature sert à verser de l'eau sur la tête des nouveau-nés lors de la cérémonie du baptême. Son esthétique sobre et dépouillée et la forme de ses diverses composantes s'inspirent d'un modèle d'aiguière introduit au Québec par des orfèvres d'origine britannique au début du XIXe siècle. La conception d'une aiguière baptismale n'étant pas soumise aux codes stricts régissant la création des vases sacrés tels que le calice et le ciboire, ce type d'objet liturgique adopte une esthétique propre à l'artisan qui le façonne.

L'aiguière baptismale est classée en 1965, en même temps que 21 autres biens mobiliers de l'église de Saint-Michel, dont certaines pièces d'orfèvrerie et de mobilier ainsi que des tableaux.

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Références

Gestionnaires des données :

Société des musées québécois

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Michel. Saint-Michel de Vaudreuil : une église seigneuriale. Vaudreuil, Centre d'histoire La Presqu'Île, 1993. 16 p.
  • DEROME, Robert et José MÉNARD. « Marion, Salomon ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • Musée du Québec. Le Grand héritage: L'Église catholique et les arts au Québec. Québec, musée du Québec, 1984. 369 p.
  • RAUDSEPP, Karl J. et René VILLENEUVE. « Oeuvres d'art de l'église de Saint-Michel ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 45-54.

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