Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Antependium (Parement d'autel aux monogrammes de Jésus et de Marie)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Autre(s) nom(s) :

  • Parement d'autel

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Date :

  • après 1670 – avant 1730 (Production)
  • 1730 (Acquisition)
  • 1862 – 1865 (Déménagement)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Classification :

  • Oeuvre d'art / Bien ethno-historique > Objets de communication > Objet de cérémonie > Meuble religieux > Autel et son environnement

Éléments associés

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Description

Lieu de production :

  • Présumé : Amérique du Nord > Canada > Québec

Dimensions :

  • Hauteur : 94 centimètre(s)
  • Largeur : 160 centimètre(s)

Matériaux :

  • Fibre (Lin)
  • Fibre (Laine)
  • Verre

Médium :

  • Tissu

Support :

  • Toile

Type de fabrication :

Artisanal

Technique de fabrication :

  • Présumé : Cousu
  • Brodé

Représentation iconographique :

  • Jésus (monogramme)
  • Vierge Marie (monogramme)

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1967-10-04
 

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Valeur patrimoniale

L'antependium présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce parement d'autel brodé aux monogrammes de Jésus et de Marie témoigne du rôle esthétique et didactique des ornements liturgiques en Nouvelle-France. À la fois oeuvre d'art et instrument d'évangélisation, cette pièce de tissu recouvrant le devant du tombeau d'autel, souvent assortie aux vêtements liturgiques et aux accessoires du prêtre, guide les fidèles dans leur dévotion. Vraisemblablement conçu à la fin du XVIIe siècle ou au début du siècle suivant, l'antependium est installé vers 1730 dans la nouvelle église de Notre-Dame-de-Lorette, bâtie à cette époque pour la communauté huronne-wendate. L'objet rappelle l'importance des ornements textiles dans les décors d'églises aux premiers temps de la colonie.

L'antependium présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Son décor floral riche et varié, incluant des perles de verre en arrière-plan, témoigne du savoir-faire des brodeuses de l'époque. La pièce aurait pu être brodée ou importée par Marie Guyart, dite Marie de l'Incarnation (1599-1672), et les premières ursulines de Québec. L'utilisation de la laine et de perles de verre plutôt que de la soie et de métaux précieux laisse supposer une production locale. L'oeuvre démontre que la broderie est un art à la fois très estimé et bien implanté en Nouvelle-France.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2020.

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Informations historiques

Cet antependium, ou parement d'autel, est vraisemblablement fabriqué à la fin du XVIIe siècle ou au début du siècle suivant pour décorer l'église de la mission jésuite de la Jeune-Lorette (aujourd'hui Wendake).

En 1651, un groupe de 300 Hurons-Wendats fuyant les Iroquois se réfugient sur l'île d'Orléans sous la protection des Français. Ils rejoignent ensuite les Jésuites à la mission de Notre-Dame-de-Foy en 1668, mais, comme de nouveaux membres s'ajoutent constamment au groupe, la place vient rapidement à manquer. Le père Chaumonot (1611-1693) fonde alors la mission de Notre-Dame-de-Lorette en 1674, renommée L'Ancienne-Lorette en 1697 lorsque le groupe quitte le lieu pour s'établir à la nouvelle mission de la Jeune-Lorette. Une chapelle en bois est érigée en 1698 à Wendake grâce à un don de Mgr de Saint-Vallier (1653-1727). Cette dernière est remplacée par une église de pierre vers 1730.

Ce parement d'autel, qui présente les monogrammes de Jésus et de Marie, est installé dans la nouvelle église en 1730, mais sa réalisation serait antérieure et pourrait être l'oeuvre de Marie Guyart, dite Marie de l'Incarnation (1599-1672), et des premières ursulines de Québec. Des patrons de broderie découverts au monastère des Ursulines de Québec démontrent que cet art est solidement implanté dans les couvents de la Nouvelle-France. L'utilisation de la laine et de perles de verre plutôt que de la soie et de métaux précieux pourrait également témoigner d'une production locale plutôt que d'une importation.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les ornements textiles occupent une place essentielle dans les décors d'églises. À la fois oeuvre d'art et instrument d'évangélisation, l'antependium est une pièce de tissu recouvrant le devant du tombeau d'autel. Souvent assorti aux vêtements liturgiques et aux accessoires du prêtre, il guide les fidèles dans leur dévotion.

En 1862, l'église de Notre-Dame-de-Lorette est partiellement brûlée. Les membres de la paroisse réussissent toutefois à sauver la plus grande partie du mobilier et du trésor. Le lieu de culte est reconstruit trois ans plus tard selon le modèle de l'église précédente.

L'antependium est classé en 1967, en même temps qu'un ensemble d'objets faisant partie du trésor de l'église de Notre-Dame-de-Lorette, classée dix ans plus tôt.

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Références

Contributeur de données :

Direction générale du patrimoine

Notices bibliographiques :

  • CHEYROU, Christine. « Le trésor brodé de Notre-Dame-de-Lorette ». Musée national des beaux-arts du Québec. Croire, devenir, ressentir, imaginer, revendiquer: 350 ans de pratiques artistiques au Québec. Québec, 2018, s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999. 428 p.

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