Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Kitcisakik

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Grand-Lac-Victoria
  • Kitcisakik Sakaikan
  • Presqu'île de Grand-Lac-Victoria
  • Presqu'île de Kitcisakik

Région administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

Municipalité :

  • Kitcisakik

Thématique :

  • Patrimoine autochtone

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (2)

Description

Kitcisakik est situé à 66 km au sud de Val-d'Or, à l'endroit où la rivière des Outaouais s'élargit pour former le Grand lac Victoria. C'est le lieu d'habitation estival traditionnel des Kitcisakikininis, auparavant nommés les Anicinabek (Algonquins) de Kitcisakik. L'établissement en forme de presqu'île est compris dans le territoire de la réserve faunique La Vérendrye. Plusieurs constructions en bois se trouvent sur ce lieu, dont l'église et le presbytère de la mission Sainte-Clotilde.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Lieu historique Ministre de la Culture et des Communications 2021-06-21

Statuts antérieurs

  • Proposition de statut national, 2014-05-01
 

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Valeur patrimoniale

Ce lieu a été désigné pour les motifs suivants:

« Kitcisakik est un lieu de rassemblement significatif de l'histoire des Autochtones du Québec, qui est fréquenté par les Algonquins (Anichinabés) avant la présence euroquébécoise. Vivant en petits groupes familiaux autonomes et dispersés durant la majeure partie de l'année, les Algonquins se retrouvaient l'été sur cette presqu'île lors de rassemblements au cours desquels ils échangeaient des denrées et des informations et célébraient des mariages. Les familles regagnaient ensuite leurs territoires de chasse pour y passer l'hiver.

Kitcisakik témoigne de la pratique qui se développe à partir du XIXe siècle et qui consiste à se rassembler l'été pour des périodes de plus en plus longues autour des postes de traite et des missions religieuses. La Compagnie de la Baie d'Hudson établit un poste de traite permanent sur le territoire des Algonquins à la fin du XVIIIe siècle. Le sulpicien Louis-Charles Lefebvre de Bellefeuille est le premier missionnaire à se rendre à Kitcisakik, en 1838. Il y fonde la mission Sainte-Clotilde, reprise en 1844 par les Oblats de Marie-Immaculée. En 1863, une première chapelle est construite à Kitcisakik. Les missionnaires oblats y assurent le service pastoral pendant l'été, alors que les groupes familiaux algonquins convergent vers le site. Une nouvelle chapelle est construite en 1883 et agrandie à la fin du XIXe siècle.

Sur la presqu'île de Kitcisakik, l'aménagement d'un lieu de culte et d'un cimetière à proximité du poste de traite confère à cet endroit une signification rituelle et communautaire. Les séjours estivaux des Algonquins se multiplient et se prolongent, en raison également de l'intégration de nouvelles sources de nourriture comme la farine et la pomme de terre. Les missions estivales et la participation des Algonquins au transport des marchandises contribuent à forger une identité plus forte dans la communauté et une appartenance à l'espace autour du poste, lieu perçu comme son cœur symbolique. La presqu'île est représentative de cette combinaison d'événements survenus au XIXe siècle et qui donnent naissance aux rassemblements estivaux de plusieurs mois des groupes algonquins à Kitcisakik.

De nos jours, la presqu'île est toujours fréquentée durant l'été par la communauté de Kitcisakik, l'une des neuf communautés algonquines situées en Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue. Les sites de rassemblement comme celui de Kitcisakik sont d'importants repères identitaires et constituent des lieux de mémoire importants pour les Autochtones. »

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Informations historiques

Kitcisakik est un lieu de rassemblement significatif de l'histoire des Autochtones du Québec et un carrefour historique de rencontres entre les Algonquins, les missionnaires et les compagnies de traite de fourrures.

Ce lieu est fréquenté par les Algonquins avant la présence euroquébécoise. Vivant en petits groupes familiaux autonomes et dispersés durant la majeure partie de l'année, les Algonquins se retrouvaient l'été sur cette presqu'île lors de rassemblements au cours desquels ils échangeaient des denrées et des informations et célébraient des mariages. Les familles regagnaient ensuite leurs territoires de chasse pour y passer l'hiver.

En 1785, des missionnaires sulpiciens s'implantent sur le territoire des Algonquins et la Compagnie de la Baie d'Hudson y établit un poste de traite permanent. La Compagnie fournit un apport logistique aux missionnaires en leur permettant de profiter de ses convois et en les hébergeant aux postes de traite, en plus de participer à la construction des lieux de culte. En retour, les missionnaires encouragent les Autochtones à traiter aux postes de la Compagnie.

Le premier missionnaire qui se rend à Kitcisakik est le sulpicien Louis-Charles Lefebvre de Bellefeuille, qui y fonde la mission Sainte-Clotilde en 1838. Dès lors, Kitcisakik constitue un arrêt obligatoire dans l'itinéraire des missionnaires du Témiscamingue. En 1844, la mission Sainte-Clotilde est reprise par les Oblats de Marie-Immaculée, qui en conservent la charge jusqu'en 1900.

En 1863, une première chapelle est construite à Kitcisakik par le commis du poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson, à la demande du prêtre oblat Jean-François-Régis Déléage. Les missionnaires Oblats y assurent le service pastoral de mai à septembre, période de rassemblement des familles algonquines. Une nouvelle chapelle est construite en 1883 et est bénie par l'évêque Narcisse-Zéphirin Lorrain à l'été 1887. Elle est ensuite agrandie à la fin du XIXe siècle et est dotée d'un clocher.

Sur la presqu'île de Kitcisakik, l'aménagement d'un lieu de culte et d'un cimetière à proximité du poste de traite confère à cet endroit une signification rituelle et communautaire. Les séjours estivaux des Algonquins se multiplient et se prolongent, en raison également de l'intégration de nouvelles sources de nourriture comme la farine et la pomme de terre. Les missions estivales et la participation des Algonquins au transport des marchandises contribuent à forger une identité plus forte dans la communauté et une appartenance à l'espace autour du poste, lieu perçu comme son cœur symbolique. La presqu'île est représentative de cette combinaison d'événements survenus au XIXe siècle et qui donnent naissance aux rassemblements estivaux de plusieurs mois des groupes algonquins à Kitcisakik.

Dans le dernier tiers du XIXe siècle, l'activité économique sur le territoire des Algonquins s'intensifie avec l'essor de l'exploitation forestière, ce qui a des impacts importants sur leur milieu et leur mode de vie. La sédentarisation des Algonquins s'accentue au début du XXe siècle avec l'ouverture de l'Abitibi à la colonisation. En plus des bûcherons, les colons et les prospecteurs miniers qui affluent alors dans la région perturbent les activités traditionnelles des Algonquins.

De nos jours, la presqu'île est toujours fréquentée durant l'été par la communauté de Kitcisakik, l'une des neuf communautés algonquines situées en Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue. La cinquantaine de camps de bois rond construits sur la rive du Grand lac Victoria sont habités seulement entre mai et septembre, et ses habitants se dispersent sur les territoires de chasse et de trappe le reste de l'année. L'église de la mission Sainte-Clotilde est la plus ancienne église à subsister en Abitibi-Témiscamingue. Son cimetière contient les sépultures de plusieurs membres de la communauté de Kitcisakik et d'employés de la Compagnie de la Baie d'Hudson.

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Emplacement

Region administrative :

  • Abitibi-Témiscamingue

MRC :

  • La Vallée-de-l'Or

Municipalité :

  • Kitcisakik

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUDET, Steve, Serge BOUILLÉ, Roland CHAMBERLAND, Jacques LEROUX et Mariano LOPEZ. Terra incognita des Kotakoutouemis - L'Algonquinie orientale au XVIIe siècle. Québec, Les presses de l'Université Laval, 2004. 266 p.
  • BOILEAU, Gilles. « Grandeur et misère des Algonquins du Grand Lac Victoria ». Histoire Québec. Vol. 11, no 1 (2005), p. 42-46.
  • BRAZEAU, Edmond, Roland CHAMBERLAND, Claire DUBÉ et Jacques LEROUX. Au pays des peaux de chagrin : occupation et exploitation territoriales à Kitcisakik (Grand-Lac-Victoria) au XXe siècle. Québec, Les presses de l'Université Laval, 2004. 255 p.
  • CARON, Ivanhoë. Au grand lac Victoria : étude historique et topographique. Québec, 1913. 23 p.
  • DAVIDSON, D. S. « Folk Tales from Grand Lake Victoria, Quebec ». The Journal of American Folklore. Vol. 41, no 160 (1928), p. 275-282.
  • HAREL, Bruno. « Lefebvre de Bellefeuille, Louis-Charles ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • INKSETTER, Leila. Initiatives et adaptations algonquines au XIXe siècle. Québec, Septentrion, 2017. 520 p.
  • s.a. « L'église de la Mission Sainte-Clotilde-du-Grand-Lac ». Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique. Le patrimoine immatériel religieux du Québec [En ligne]. http://www.ipir.ulaval.ca/fiche.php?id=240
  • SAINT-ARNAUD, Marie. Contribution à la définition d'une foresterie autochtone : le cas des Anicinapek de Kitcisakik (Québec). Université du Québec à Montréal, 2009. 482 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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