Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Violon et archet

Description

Le violon et l'archet ont été fabriqués respectivement en 1733 et à la fin du XVIIIe siècle, selon des méthodes artisanales. Le violon, dit « violon Des Rosiers », est fabriqué avec plusieurs essences de bois et porte un vernis de couleur rouge-brun. Il mesure un peu plus de 80 centimètres de longueur. L'archet, connu sous le nom d'« archet François Tourte », est fait de bois et de crin de cheval. Il mesure environ 75 centimètres de longueur et porte une inscription gravée formée du nom Henri Wieniawski et de la représentation d'une couronne.

Ces biens sont classés objets patrimoniaux.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1978-09-02
 

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Valeur patrimoniale

Le violon et l'archet présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur historique reposant sur leur association avec les artisans renommés qui les ont fabriqués. Le violon est réalisé en 1733 par l'un des luthiers les plus célèbres de l'histoire, Antonio Stradivari (1644-1737). Ce dernier est issu de l'école de Crémone, qui fait partie des deux écoles italiennes ayant donné naissance au violon moderne durant le XVIe siècle. Stradivari porte la fabrication de l'instrument à son apogée, notamment en mettant au point des rapports géométriques complexes et en développant un vernis spécial. Le violon Des Rosiers correspond à la période de maturité du maître luthier, dite « période d'or ». Il s'agit de l'un des derniers instruments produits par l'artisan, celui-ci étant âgé de 90 ans au moment de sa réalisation. L'archet François Tourte porte le nom de l'archetier qui l'a fabriqué, également considéré comme une sommité dans son domaine. Tourte (1747-1835) est le cadet d'une famille parisienne d'archetiers. Ses instruments sont le fruit de l'étude minutieuse des proportions, de l'élasticité, de la légèreté et des matériaux nécessaires à la meilleure performance de l'objet. L'archet accompagnant le violon Des Rosiers est exécuté par l'artisan au tournant du XIXe siècle avec du bois de Pernambouc, essence privilégiée par Tourte pour sa dureté et sa légèreté. Par la qualité de leur conception, l'archet et le violon sont donc des objets exceptionnels.

Le violon et l'archet présentent également un intérêt pour leur valeur historique reposant sur leur association à des événements et des personnages illustres, dont certains virtuoses mondialement reconnus. Le violon Des Rosiers doit son appellation à une famille lyonnaise qui le possède pendant un siècle après sa fabrication. Durant la Révolution française, l'objet est perçu comme un symbole de l'aristocratie. Pour cette raison, il aurait coûté la vie à l'un de ses propriétaires, un caporal violoniste à Versailles. Au XXe siècle, le Stradivarius passe par les ateliers de lutherie les plus prestigieux de Londres et de New York avant de devenir la propriété du célèbre violoniste acadien Arthur LeBlanc (1906-1985). Né au Nouveau-Brunswick, LeBlanc est formé à Québec, à Boston et à Paris. À partir de 1938, sa carrière le conduit sur les grandes scènes européennes et américaines. Fondé en 1947 par le mécène Ludger Simard, le Comité national du violon « Arthur LeBlanc » a pour objectif de doter le virtuose d'un instrument digne de son talent. Une souscription publique est lancée et conduit à l'achat du Stradivarius Des Rosiers et de l'archet François Tourte, qui sont remis à LeBlanc la même année. Le cheminement de l'archet Tourte est moins bien documenté. L'un de ses propriétaires est toutefois connu grâce à une inscription sur la baguette. Il s'agit d'un concertiste de renom, le violoniste polonais Henri Wieniawski (1835-1880), qui aurait reçu l'archet en cadeau de l'empereur d'Autriche François-Joseph 1er (François Joseph Charles de Habsbourg-Lorraine, 1830-1916). Par ailleurs, ces objets ayant traversé les siècles se font très rares aujourd'hui, particulièrement au Québec et au Canada où il existe peu d'instruments anciens d'une telle valeur. Des quelque 500 Stradivarius conservés dans le monde, environ la moitié sont en état d'être joués. Le violon Des Rosiers et l'archet François Tourte sont bien préservés et encore en usage.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2010.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du violon Des Rosiers liés à sa valeur historique comprennent, notamment:
- les matériaux, dont plusieurs essences de bois comme le sapin et l'ébène;
- le vernis rouge-brun sur fond doré;
- les quelque 80 composantes assemblées artisanalement avec de la colle, dont la table, le fond, les éclisses, le chevillier, le manche, la touche, le cordier et le chevalet;
- l'étiquette d'Antonio Stradivari.

Les éléments caractéristiques de l'archet François Tourte liés à sa valeur historique comprennent, notamment :
- les matériaux, dont le bois de Pernambouc, le crin de cheval, la nacre et l'or;
- les principales composantes assemblées artisanalement, dont la baguette, la mèche, la tête, la hausse et le bouton;
- la représentation d'une couronne et l'inscription « Henri Wieniawski » sur la baguette.

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Informations historiques

Le violon dit « Des Rosiers » est fabriqué en 1733 à Crémone, en Italie, par le célèbre luthier Antonio Stradivari (1644-1737). Ce dernier est alors âgé de 90 ans et est au sommet de sa carrière. Ses instruments, nommés « Stradivarius » d'après la forme latine du nom du luthier, sont connus pour leur qualité d'exécution exceptionnelle résultant entre autres de rapports géométriques complexes et de l'utilisation d'un vernis spécial.

Après sa fabrication, le violon appartient à une famille Des Rosiers, de Lyon, en France, pendant plus d'un siècle, d'où origine l'appellation particulière de l'instrument. Durant la Révolution française, l'objet est perçu comme un symbole de l'aristocratie. Pour cette raison, il aurait coûté la vie à l'un de ses propriétaires, un caporal violoniste à Versailles.

L'archet dit « François Tourte », exécuté à Paris au tournant du XIXe siècle, porte le nom de l'archetier qui en est l'auteur, également considéré comme étant une sommité dans son domaine. Les instruments conçus par Tourte (1747-1835) sont le fruit de l'étude minutieuse des proportions, de l'élasticité, de la légèreté et des matériaux nécessaires à la meilleure performance de l'objet. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, l'archet appartient à un virtuose de renom, le violoniste polonais Henri Wieniawski (1835-1880). Celui-ci l'aurait reçu en cadeau de l'empereur d'Autriche, François-Joseph 1er (François Joseph Charles de Habsbourg-Lorraine, 1830-1916).

En 1911, le Stradivarius est acquis par la maison W. Hill and Sons de Londres et devient ensuite la propriété de collectionneurs américains. Il se retrouve, avec l'archet Tourte, chez le prestigieux luthier new-yorkais Wurlitzer dans les années 1940. Ils sont tous deux achetés en 1947 par le Comité national du violon « Arthur LeBlanc », fondé l'année précédente par le mécène québécois Ludger Simard. Ce comité a pour objectif de doter Arthur LeBlanc (1906-1985), virtuose du violon d'origine acadienne et acclamé mondialement, d'un instrument à la mesure de son talent. Dans le dépliant publié à l'occasion de la souscription publique, le Comité déclare sa volonté de transmettre dans le futur le précieux instrument à de jeunes virtuoses canadiens-français, et créer ainsi une tradition. LeBlanc, dont la brillante carrière décline peu à peu après 1965 à cause de la maladie, demeure en possession de l'instrument jusqu'à son décès.

Le violon et l'archet sont classés en 1978. Ils sont toujours en usage aujourd'hui.

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Références

Contributeur de données :

Direction générale du patrimoine

Notices bibliographiques :

  • FAURE, Isabelle. « Violon Stradivarius Des Rosiers et archet François Tourte ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 414-415.
  • MAHEU, Renée. Arthur LeBlanc, Le poète acadien du violon. s.l. Boréal, 2004. 324 p.
  • PIGAILLEM, Henri. Stradivarius, sa vie, ses instruments. s.l. Zurfluh, 2002. 223 p.
  • RUDEL-TESSIER, Danièle. « Le violon d'Angèle ». L'Actualité. Vol. IX (1984), p. 74-78.

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